Le siège d'Areva, à la Défense.
Le siège d'Areva, à la Défense. - CHAUVEAU/SIPA

Cagoulée, bâillonnée, ligotée, séquestrée. Maureen Kearney, secrétaire CFDT d’Areva, a été victime d’une agression, lundi, à son domicile d’Aufargis, dans les Yvelines, indique Libération ce mercredi.

D’après le quotidien, la syndicaliste a été surprise par son agresseur lundi matin, vers 7h, alors que son mari venait de partir. Attaquée par derrière puis saucissonnée à un fauteuil, la femme a entendu cette menace: «C’est le deuxième avertissement, il n’y en aura pas de troisième».

«Les relations avec sa direction s’étaient fortement dégradées»

Le lien entre cette agression et les fonctions syndicales de Maureen Kearney n’est pas pour l’heure établi, et des proches de la victime ont été entendus, mais des soupçons pèsent. Les gendarmes en charge de l’enquête se sont ainsi immédiatement rendus dans les locaux d’une filiale du groupe nucléaire, la SGN, au sein de laquelle travaillait la victime avant de ne s’occuper que de ses fonctions syndicales.

Selon Libération,  femme s’était ouverte récemment de problèmes professionnels. «Les relations avec sa direction dans le cadre de son mandat syndical s’étaient fortement dégradées, et avaient pris un tour presque personnel», indique ainsi au journal un de ses collègues. Et la femme avait déjà été l’objet de menaces téléphoniques ces dernières semaines. «On lui a dit de ne pas se mêler de ce qui ne la regardait pas», raconte encore un collègue au journal.

La syndicaliste était notamment préoccupée par un dossier: L’accord de coopération secret entre le PDG d’Areva, celui d’EDF et l’électricien chinois CGNPC, à propos de la conception d’un nouveau réacteur. Les syndicats avaient demandé au PDG d’Areva, Luc Oursel, qu’il communique le texte de l’accord, sous menace de poursuites judiciaires. L’agression de Maureen Kearney intervient ainsi peu de temps après une lettre de mise en demeure, préalable à une assignation en justice.

Areva veut poursuivre Libération en justice

Interrogé par l'AFP, Michel Toudret, le délégué central CFDT Areva NC, s'est refusé à faire le lien entre l'agression dont a été victime Maureen Kearney et l'accord en question.  Il a confirmé l'inquiétude des syndicats à propos de cet accord entre les trois sociétés, craignant des transferts de technologies, mais a indiqué ne pas trouver de raison à l'agression de sa collègue. Il a toutefois confirmé que Maureen Kearney «recevait des coups de téléphone de menaces» depuis quelque temps qui n'ont pas été pris suffisamment au sérieux, selon lui.

Dans un communiqué, Areva indique avoir«appris avec consternation l’agression violente dont a été victime à son domicile Mme Maureen Kearney»  et être «en contact avec (sa) famille pour lui apporter tout le soutien du groupe et lui exprimer sa solidarité dans cette douloureuse épreuve». 

Par ailleurs, le groupe «annonce son intention de poursuivre en justice le quotidien Libération pour le traitement diffamatoire qu’il fait de cette affaire (...), en indiquant par des raccourcis et des parallèles douteux qu’Areva pourrait avoir une quelconque responsabilité dans l’agression de l’une de ses salariés».

Mots-clés :