La militante basque française de Batasuna incarcérée à Madrid depuis début novembre est "sereine et déterminée", a déclaré à l'AFP Catherine Grèze, députée européenne EELV qui l'a rencontrée vendredi en prison au côté de la sénatrice de Seine-et-Marne Hélène Lipietz.
La militante basque française de Batasuna incarcérée à Madrid depuis début novembre est "sereine et déterminée", a déclaré à l'AFP Catherine Grèze, députée européenne EELV qui l'a rencontrée vendredi en prison au côté de la sénatrice de Seine-et-Marne Hélène Lipietz. - afp.com

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La militante basque française de Batasuna incarcérée à Madrid depuis début novembre est «sereine et déterminée», a déclaré à l'AFP Catherine Grèze, députée européenne EELV qui l'a rencontrée vendredi en prison au côté de la sénatrice de Seine-et-Marne Hélène Lipietz.

«Nous avons échangé avec elle pendant une heure et demie. Elle est sereine et déterminée» a indiqué la députée d'Europe Ecologie les Verts (EELV). «Son message est très positif. Il porte sur le dialogue et la paix en Pays basque. Elle demande à ce que les gouvernements français et espagnol s’impliquent dans le processus de paix», a-t-elle ajouté, après sa visite à la prison de Soto del Real, au nord de Madrid.

Sa mère pour seule visite

Aurore Martin, 33 ans, membre du parti radical basque Batasuna, illégal en Espagne mais pas en France, avait arrêtée le 1er novembre dans les Pyrénées-Atlantiques et remise aux autorités espagnoles en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par Madrid.

Aurore Martin, détenue depuis six semaines n’a reçu à ce jour la visite de que de sa mère, a précisé Catherine Grèze. «Elle ne peut être visitée que par sa famille, elle n’a le droit à écrire que deux lettres et de passer huit coups de téléphone de cinq minutes par semaine» a-t-elle ajouté, estimant toutefois que ses conditions de détention sont acceptables. Catherine Grèze a confirmé que la jeune femme a fait une demande de libération sous caution déposée par son avocate il y a trois semaines, et dont elle attend la réponse.

Un cas qui ouvre la porte  à «la restriction de la liberté d’expression en France»

«Nous allons écrire avec Hélène Lipietz à (la ministre de la Justice) Mme Taubira pour demander sa remise en liberté», a -t-elle précisé. «Le cas Aurore Martin ouvre la porte à la restriction de la liberté d’expression en France. Le mandat d'arrêt européen est fait pour une meilleure coopération entre Etats pour lutter contre le terrorisme, le banditisme ou le trafic de drogue, mais pas pour museler la liberté d’expression», a-t-elle encore estimé.

Aurore Martin, recherchée par l'Espagne depuis 2010, est poursuivie pour des activités liées à Batasuna, parti considéré comme le bras politique de l'organisation séparatiste basque ETA, et interdit en Espagne, mais pas en France.

Le remise de Martin à la justice espagnole a causé un émoi considérable au Pays basque et en Aquitaine, mobilisant des élus de toutes tendances.