L'avocate tuée à Marseille avait défendu le père du tueur présumé

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Publié le 14 décembre 2012.

JUSTICE - Un des trois hommes interpellés mercredi dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de l'avocate tuée fin novembre à Marseille, a été déféré devant la justice vendredi matin...

Un homme de 28 ans a été mis en examen vendredi pour homicide deux semaines exactement après la mort d'une avocate tuée à Marseille dans son cabinet du centre ville, un meurtre dont le mobile cependant reste flou. Il avait été interpellé en examen mercredi avec deux autres hommes dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de l'avocate tuée fin novembre à Marseille, et a été déféré devant la justice vendredi matin, a annoncé le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest.

Le meurtrier présumé a été mis en examen pour «homicide avec la circonstance aggravante de vol», et placé en détention provisoire, a indiqué son avocat, Me Bruno Rebstock. Les deux autres, son père et son frère, ont été relâchés, a indiqué le procureur lors d'une conférence de presse.

L'ADN de la victime au domicile du suspect

Dans sa chambre ont été retrouvées plusieurs traces de l'ADN de la victime, a annoncé vendredi le procureur de la République de Marseille Jacques Dallest lors d'une conférence de presse.

Un couteau en particulier, au bout de lame brisé, a été découvert lors de la perquisition, portant l'ADN du suspect et celui de la victime. L’extrémité manquante de la lame semble correspondre au bout de métal retrouvé dans le corps de Me Raymonde Talbot lors de son autopsie, a ajouté le procureur. L'ADN de la victime a également été décelé sur un pantalon de sport tâché de sang trouvé dans la chambre du suspect. Dans cette pièce, les enquêteurs ont aussi mis la main sur le sac à main de l'avocate, sur des bijoux lui appartenant ou encore son relevé d'identité bancaire.

Le jeune homme, qui nie les faits, affirme avoir ramassé les effets personnels de Me Talbot dans une poubelle.

Agé de 28 ans, sans emploi, le suspect, présente vaisemblablement des troubles psychiatriques, a indiqué Jacques Dallest qui a évoqué «la dangerosité du personnage», celui-ci tient des propos «peu cohérents», et semble présenter «quelques problèmes psychologiques ou psychiques». «Le parquet va requérir la détention provisoire compte tenu de la dangerosité du personnage», a-t-il ajouté.

L'avocate avait défendu le père du suspect

Si les motifs restent flous, il semble en tout cas que le suspect connaissait Me Raymonde Talbot. Son père avait été défendu par elle il y a une dizaine d'années, «dans une affaire de crime de sang", et le nom de la famille a été retrouvé par les enquêteurs sur l'agenda de l'avocate, à la date de son meurtre, le 30 novembre dernier.

L'avocate de 66 ans, spécialisée en droit de la famille, avait été découverte par son associé mortellement poignardée dans son cabinet, rue Saint-Ferréol, tout près du Vieux-Port. Une dizaine de coups de couteau, «très violents» selon le procureur, notamment à la gorge et dans le dos, avaient été portés.

La défense du meurtrier présumé est assurée par un avocat du barreau d'Aix-en-Provence, comme l'avait souhaité le bâtonnier de Marseille Jérôme Gavaudan, qui a rappelé vendredi l'importance du principe de présomption d'innocence malgré l'intense émotion que ce meurtre avait causé dans le monde judiciaire marseillais.

Me Talbot était une avocate "très discrète et très compétente, «une avocate du quotidien» qui exerçait dans la cité phocéenne «depuis plus de trente ans», avait souligné le bâtonnier peu après le drame.

© 2012 AFP
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