Violette and Jesus Rodriguez, les parents de Chloé, le 17 novembre 2012
Violette and Jesus Rodriguez, les parents de Chloé, le 17 novembre 2012 - FAYOLLE PASCAL/SIPA

© 2012 AFP

Chloé, l’adolescente de 15 ans enlevée le 9 novembre à Barjac (Gard), lève le voile pour la première fois sur sa semaine de captivité entre le Gard et l'Allemagne dans un témoignage diffusé dimanche soir sur M6. Elle y avoue avoir eu «peur de mourir» mais ne parle pas d'éventuelles agressions sexuelles de son ravisseur.

Le jour de l’enlèvement, Chloé rentrait chez elle en scooter. «Je me suis garée près du garage et il y a un homme qui est rentré dans la cour (...) J'essaie de partir en courant, je suis tombée, il m'a menée jusqu'à la voiture», raconte-t-elle. Enfermée pendant des heures dans le coffre, elle se retrouve en Italie puis en Allemagne. Au cours de la semaine, elle dit n'avoir bu qu'un litre et demi d'eau et avoir peu mangé, ne pas s'être lavée et n'être sortie de la voiture que quand elle et son ravisseur se trouvaient dans des endroits isolés.

«J'étais anéantie»

«Au début, ça a été difficile», confie-t-elle. «J'ai baissé les bras et je me suis dit, je ne rentrerai jamais chez moi (...) et là, ça a été horrible pendant plus de 24 heures, j'étais anéantie». «Quand on vous enlève de votre famille et de votre vie, on ne peut pas faire autrement qu'avoir peur. C'était l'inconnu pour moi. Oui, j'ai eu peur. J'ai eu peur de mourir, de ne jamais rentrer chez moi», souligne Chloé. Puis elle entend, le surlendemain de son enlèvement, l'appel de sa mère qui évoque à la radio la «vague humaine mobilisée». «Franchement, ça m'a boostée, je me suis dit: faut pas que j'abandonne».

«Il disait que je retrouverai ma famille avant les fêtes de Noël. Je m'attachais quand même à ça», poursuit Chloé, qui confirme ne jamais avoir tenté de se sauver. «J'y ai pensé, mais (...) même si j'avais pu partir, qu'est-ce que j'aurais fait dans la forêt toute une nuit? Je me serais perdue ou il m'aurait retrouvée le lendemain, c'était fini pour moi», dit-elle. Son cauchemar prend fin le 16 novembre à Oppenau près d'Offenbourg à l'issue d'une course-poursuite. «Là, j'ai craqué, j'en pouvais plus et quand les gendarmes ont ouvert le coffre, je suis sortie, je me suis jetée dans les bras d'un gendarme, je crois qu'il m'a prise pour une folle», lance-t-elle, assurant avoir «la joie de vivre» depuis son retour dans le Gard.

Il «ne voulait pas me faire de mal directement»

Son ravisseur présumé, Kamel Bousselat, détenu en Allemagne, «ne voulait pas (lui) faire de mal directement», assure l'adolescente, avant d'ajouter: «Après, ça ne veut pas dire que je n'ai pas subi d'autres choses mais c'est tout ce que je pourrai dire.» Une information judiciaire est ouverte à Nîmes pour enlèvement, séquestration et viol, le suspect ayant déjà été condamné pour agression sexuelle.

M6 a précisé que cette interview n'était pas prévue, mais l'adolescente est apparue alors que l'équipe du magazine 66 Minutes interrogeait sa mère, et a finalement accepté de répondre à quelques questions, le visage flouté.