L'ancien ministre Brice Hortefeux estime samedi dans Le Figaro qu'avec le programme de François Hollande "ce ne sont pas les +riches+ qui vont être touchés mais les +classes moyennes+ qui seront pressurées".
L'ancien ministre Brice Hortefeux estime samedi dans Le Figaro qu'avec le programme de François Hollande "ce ne sont pas les +riches+ qui vont être touchés mais les +classes moyennes+ qui seront pressurées". - Patrick Kovarik afp.com

M.Gr. avec Sipa

L'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris, ce jeudi, à 5.000 euros d'amende avec sursis pour menaces envers un avocat de victimes de l'attentat de Karachi, Me Olivier Morice, qu'il aurait voulu influencer.

Il a en outre été condamné à un euro symbolique de dommages et intérêts et 10.000 euros pour les frais d'avocat. Son avocat, Me Jean-Yves Dupeux, a fait immédiatement fait appel de cette condamnation.

«Fracasser»

Dans le Nouvel Observateur du 29 septembre 2011, Brice Hortefeux critiquait «la lâcheté des journalistes qui fracassent tous les amis de Sarkozy». Alors que c'est Olivier Morice «qu'il fallait fracasser».

Le tribunal considère que «l'intéressé soit fracassé par la presse ou par d'autres, que la menace consiste en des pressions physiques ou morales qu'englobent la généralité du terme, les propos constituent bien un acte d'intimidation en raison de la violence du terme employé, au surplus par une personne haut placée, ce qui le rend manifestement plus impressionnant».

«Je suis surpris et je trouve cette décision très critiquable», a réagi l'avocat de Brice Hortefeux pour qui «on n'a aucune certitude sur les propos tenus». «Le tribunal prend le terme fracassé au sens premier du terme, comme si on devait lui taper dessus, ce qui n'est pas ce qu'on ressent à la lecture de l'article».

«Système de corruption»

Au terme de plus de quatre heures de débats, le ministère public avait requis la relaxe, estimant qu'il était «difficile de condamner sur des interprétations et sur des propos non retranscrits intégralement». «Y a-t-il une volonté clairement établie?», a interrogé la représentante du parquet avant de répondre: «Je crains que l'on ne puisse l'affirmer».

Me Olivier Morice estime, depuis près de trois ans, que Nicolas Sarkozy est «au coeur d'un système de corruption» qui a entraîné l'attentat de Karachi. En septembre 2011, des proches de l'ancien président venaient d'être mis en examen dans le volet financier de cette affaire.