Dans la caisse d'allocations familiales (CAF) de Lille, le 22 octobre.
Dans la caisse d'allocations familiales (CAF) de Lille, le 22 octobre. - M. LIBERT / 20 MINUTES

Delphine Bancaud et Alexandra Bogaert

Des centaines de mètres de queue devant certaines caisses d'allocations familiales (CAF), des dossiers en souffrance depuis plus de quinze jours dans d'autres. Ou des agences qui ferment tout bonnement leurs portes au public pendant trois semaines pour résorber leur retard dans le traitement des dossiers… De nombreuses CAF sont totalement débordées.

Pour protester contre la dégradation des conditions de travail des agents, demander l'arrêt des suppressions de postes et des embauches en CDI, plusieurs syndicats (CGT, FO, CFE/CGC) ont lancé un appel à la grève national pour jeudi. Une mobilisation qu'ils espèrent soutenue, tant la situation est urgente.

Un manque de moyens

Un climat explosif en partie dû au non-remplacement d'un agent partant à la retraite sur deux, qui aurait été à l'origine de 1.200 suppressions de postes dans les CAF dans les quatre dernières années. Par ailleurs, la crise a mis les CAF en première ligne. «Car elles sont plus que jamais les premiers organismes vers lesquels les personnes précaires se tournent pour trouver une aide financière», souligne Jean-Louis Deroussen, président du conseil d'administration de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).

Un afflux de demandes qui s'ajoutent aux nouvelles missions qui ont été confiées aux agents ces dernières années (RSA jeunes, gestion des impayés de loyer des bénéficiaires des aides au logement, trimestrialisation de l'allocation handicapés, le RSA Dom…). «Le contexte tendu fait que les relations avec les allocataires peuvent très vite dégénérer et les agents d'accueil en souffrent. Tout comme de ne plus être en mesure de bien faire leur travail», explique Christian Goupillot, secrétaire général FO des cadres des organismes sociaux. En témoignent, selon lui, les chiffres de l'absentéisme, qui seraient, pour les personnels de l'accueil, de 15% cette année, contre 3% pour l'ensemble du personnel. Un malaise aux effets boule de neige.