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Christine Laemmel

Avec Rami, parler d’engagement est presque emprunté. On retient plutôt de l’«activisme créatif». Un mélange de conviction et d’inspiration qui ne vivent pas indépendamment selon lui. Et qui se rejoignent, parfois avec violence, dans son film chorégraphié You don’t fit for Freedom («Vous n’êtes pas faits pour la liberté»).

J’ai réuni plus d’une cinquantaine de personnes

«C’est en 2010 que je me lance en tant que jeune chorégraphe, réalisateur et danseur. Le 12 avril 2012 est sorti You don’t fit for Freedom, un projet audiovisuel retraçant la Révolution syrienne de ses prémices à aujourd’hui, sous une fusion de danse, musique électronique contemporaine et création animée. J’ai réuni plus d’une cinquantaine de personnes à ma cause et filmé en France, en Inde, en Roumanie et en Tunisie.

Je me trouvais à une place objective

Mon engagement dans l’activisme créatif a beaucoup de sens pour moi et sa prise de risque en est la preuve. D’origine syrienne et connaissant les médias orientaux et occidentaux, je me trouvais à une place objective me permettant d’aborder ce sujet. Je voulais que cette émotion que les Syriens vivent soit connue de tous. J’ai ressenti le besoin de le faire car j’ai voulu sensibiliser, réveiller les foules et rendre compte de la réalité vécue par des hommes, des femmes et des enfants qui contre la barbarie n’expriment plus rien: ni joie, ni peur, ni tristesse, ni colère.

On peut apporter un souffle nouveau

Plus rien n’a de valeur, si ce n’est la liberté pour laquelle ils se battent chaque jour. Etre engagé, c’est pour moi avoir conscience que l’on peut apporter un souffle nouveau à des problématiques tout en refusant une certaine fatalité. Je pense que c’est une quête sans fin mêlée de prises de conscience, d’audace, et de confiance.»