La bibliothèque universitaire du Centre Pierre Mendes France (Tolbiac) à Paris, en janvier 2006
La bibliothèque universitaire du Centre Pierre Mendes France (Tolbiac) à Paris, en janvier 2006 - KROD/SIPA

M.Gr.

Derrière la bibliothèque universitaire (BU) de La Rochelle, une benne était pleine de livres et de documents. Leur destination? Le recyclage. Naturellement, des étudiants ont alors voulu se servir, pour garnir leurs propres bibliothèques. Sauf qu’ils se sont vu interdire l’accès à tout ce savoir, explique Sud Ouest ce vendredi. Pourquoi? Simplement parce que ces biens appartiennent à l’Etat.

«Selon le code général de la propriété des personnes publiques, il est interdit de vendre et de donner des bien de l’État», explique Olivier Caudron, le directeur de la BU,  à Sud Ouest. Une bonne raison pour interdire aux étudiants de se servir, même si l’incompréhension de ces derniers était palpable.

Bon de destruction

Et c’est la même chose dans toutes les BU de France. «On ne peut pas réattribuer ces documents, obsolètes ou abîmés, car ils ont été achetés avec des deniers publics», a détaille à 20 Minutes la responsable de la BU de Nantes. «Cette procédure de mise au pilon se fait en échange d’un bon de destruction, nécessaire pour l’administration». Des destructions d’ouvrages ont donc lieu régulièrement. «Tout les trois mois», détaille la responsable de la BU de l’université de Nantes.

Mais après le désherbage -qui consiste à faire le tri dans les rayons- certains «ouvrages de littérature que nous avons en plusieurs exemplaires et dont nous n’avons pas besoin peuvent être donnés de manière ponctuelle». La BU de Nantes a ainsi décidé, dans un cadre légale, là encore d’attribuer ces dons à une association baptisée «bibliothèque sans frontières».

Établissements pénitentiaires

Du côté de La Rochelle, le contenu de la benne est donc parti au recyclage. «Mais nous avions auparavant fait un tri et mis de côté un certain nombre de livres en bon état qui sont partis vers deux établissements pénitentiaires», a expliqué Olivier Chaudron à Sud Ouest.

«Nous aurions également pu organiser une braderie avec l'autorisation de France Domaine». Mais la démarche administrative, très lourde, aurait pris trop de temps.