Menacé d'une taxe, Nutella ne veut pas changer de recette

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Publié le 10 novembre 2012.

AGROALIMENTAIRE - Ferrero réfute les arguments sanitaires de la surtaxe sur l’huile de palme proposée cette semaine en commission par le Sénat…

On ne change pas une recette qui gagne… même sous la menace d’un quadruplement de sa taxation. Le directeur général France du groupe Ferrero, Frédéric Thil, cité samedi dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, l’assure: «même si cette taxe est votée, nous n'allons pas modifier notre recette».

Le dirigeant déplore «que des parlementaires veuillent s'attaquer à un produit fabriqué en France depuis cinquante ans, qui est l'un des préférés des Français». «Les répercussions sont catastrophiques alors que les arguments sont injustes», dit-il.

Un surcoût estimé à 6 centimes par pot de Nutella

Adopté cette semaine en commission des Affaires sociales du Sénat, l'amendement en question sera examiné prochainement en séance plénière.

Vite rebaptisé «amendement Nutella», ce produit intégrant 20% d'huile de palme, le texte crée une contribution additionnelle de 300 euros la tonne à la taxe spéciale sur les huiles de palme, de palmiste et de coprah destinées à l'alimentation humaine.

Ses promoteurs ont invoqué des raisons de santé car l'huile de palme, qui est utilisée notamment dans la composition des confiseries, des chips ou des glaces, relève de la catégorie des acides gras saturés dont la consommation contribue au développement de l'obésité et des maladies cardio-vasculaires.

Frédéric Thil répond que le beurre et le fromage contiennent aussi des acides gras saturés et qu'il faut simplement ne pas abuser de l'huile de palme.

Il ajoute qu'elle a l'avantage sur les autres huiles d'éviter, pour la travailler, «de passer par une phase d'hydrogénation qui créent des acides gras trans qui sont, eux, très mauvais pour la santéé.

Jean-René Buisson, le président de l'Association nationale des industries agroalimentaires (Ania), a dénoncé cette semaine comme « scandaleux » le projet de surtaxe, qui pourrait rapporter 40 millions d'euros.

Elle entraînerait un surcoût estimé à 6 centimes pour chaque pot de Nutella, un produit dont la France est le premier marché avec environ 100 millions de pots consommés chaque année.

Le gouvernement réservé face à «un amendement purement financier»

La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a exprimé jeudi des réserves sur l'amendement, déclarant : «Il est normal de s'occuper de l'impact sur la santé de l'huile de palme mais je ne suis pas certaine que ce soit à l'occasion d'un amendement purement financier que l'on puisse engager le débat ».

Production durable

Les critiques de l'huile de palme dénoncent aussi les répercussions catastrophiques pour l'environnement de sa production.

Frédéric Thil fait valoir que Nutella est engagé depuis 2005 dans la labellisation RSPO pour la production durable d'huile de palme.

«Notre objectif est d'avoir à l'horizon 2015 une production 100% durable en évitant notamment les problèmes de déforestation », a-t-il indiqué au Parisien.

C.P. avec Reuters
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