Normandie: Pas de confirmation que le DMFu soit à l'origine de l'intoxication de la fillette

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Publié le 9 novembre 2012.

SANTE – Pour le CHU de Rennes, l'intoxication de la fillette ne peut pas encore être imputée à la molécule DMFu...

«Il n'y a aucune confirmation qu'il s'agissait de cette molécule». Pour le service de dermatologie du CHU de Caen, la forte réaction cutanée d'une fillette de 4 ans habitant à L'Aigle dans l’Orne ne peut pas encore être liée de formelle au diméthylfumarate (DMFu), un puissant fongicide interdit en France depuis 2008 mais utilisé par l'industrie chinoise.  

«On ne sait rien là-dessus. Cette réaction cutanée est-elle d'ailleurs vraiment provoquée par des vêtements?», s'interroge le Dr Alain Baert, responsable du centre antipoison et de toxicovigilance de Rennes, joint vendredi par Sipa. «Cela peut être une réaction cutanée sans être une allergie. Comment être sûr qu'il s'agit du diméthylfumarate? Et pourquoi pas de la lessive? Il y a des agents allergisants dans les lessives», note-t-il.

«Il n'est pas impossible qu'il s'agisse d'une molécule très proche du diméthylfumarate, mais que ça n'en soit pas. (...)Vous savez, les Chinois sont de grands commerçants. Sachant que la molécule est interdite, ils ont très bien pu créer un produit avec des composés chimiques très proches qui ont les mêmes vertus» anti-moisissure, a-t-il poursuivi.

Pas de réponse avant la semaine prochaine

La mère de l'enfant avait confié à RTL.fr qu'un spécialiste du CHU de Caen, où la petite fille a été transférée, avait identifié le diméthylfumarate. Mais les résultats de l'enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), «ne seront probablement pas connus avant le début de semaine prochaine», a fait savoir à Sipa son service de communication vendredi.

«Les parents de la fillette ont quitté L'Aigle (provisoirement, NDLR) parce qu'ils ne supportaient plus la pression médiatique», a précisé Thierry Pinot, le maire. Revenant sur la prise en charge de la petite fille, il a expliqué que les symptômes étaient apparus «pendant la classe», à l'école maternelle La Ribambelle, sans préciser la date de l'événement. Selon lui, l'école a adressé rapidement la fillette au centre hospitalier de la commune, qui a été ensuite conduite au CHU de Caen.

Impossible de «tout contrôler»

«C'est inquiétant, il n'y a pas eu de fonctionnement optimal du système de vigilance», s'était inquiété jeudi Charles Pernin, chargé de mission à l'association de consommateurs CLCV, auprès de Sipa. Il n'y a eu aucun manquement des services de l'Etat, a répondu vendredi la direction générale des douanes. «Cette histoire relève du fait divers, elle est anecdotique. Nous avons contrôlé, pour la seule question des normes, 30 millions de produits importés en 2011. Nous ne pouvons pas tout contrôler. Ce ne serait pas tenable si l'on bloquait toutes les marchandises, cela retarderait par exemple l'approvisionnement des grandes surfaces».

Les volumes des produits importés en France sont impressionnants. A titre d'exemple, 3 millions de jupes synthétiques ont été importées en France entre octobre 2011 et septembre 2012, selon les chiffres officiels du commerce extérieur. La moitié de ces produits provenaient de Chine.

«Du made in China, on en a des dizaines de millions d'articles tous les ans. On contrôle seulement les conteneurs et les colis les plus suspects. Au moindre doute, des échantillons sont prélevés et envoyés à notre labo pour analyse», précisait-on aux Douanes.

Sipa
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