« Pour la première fois, l'alimentation est aussi touchée »

8 contributions
Publié le 26 octobre 2012.

Pascale Hébel
Directrice du département

consommation du Crédoc.
Les consommateurs

ont-ils rapidement adapté

leurs comportements à la crise ?
L'année 2008 a été une rupture forte en termes d'inflation et on a vu une montée très rapide de la recherche des prix bas. En revanche, l'émergence de modes de consommation « alternatifs » (troc, achats groupés, etc.) a été plus lente, car c'est une tendance structurelle liée au développement d'Internet. Ces changements touchent les plus modestes, mais aussi jeunes et classes moyennes, dont le pouvoir d'achat a le plus ralenti.
Quelles méthodes sont plébiscitées face à la perte de pouvoir d'achat ?
On recherche l'achat malin. Cela ne signifie pas forcément acheter des premiers prix, mais aussi acheter des marques au meilleur prix. L'habillement est le plus touché avec l'essor des ventes privées, déstockages, etc. Mais la nouveauté de cette crise, c'est que les dépenses d'alimentation baissent aussi. En mangeant plus de conserves ou moins de viande, on change aussi d'alimentation. Des phénomènes de privation apparaissent même sur la nourriture, mais aussi le chauffage.
Une consommation « collaborative » se développe également ?
Oui, ce commerce « C to C » entre consommateurs est tiré et stucturé par l'arrivée d'acteurs privés sur ce créneau. En témoignent le succès du site leboncoin.fr ou les initiatives d'autopartage issues du monde de l'automobile. Et cette tendance durera après la crise.Propos recueillis par Claire Planchard

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