Bientôt des polygraphes ?

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Publié le 24 octobre 2012.

antiterrorisme Le recours aux détecteurs de mensonge est étudié

Les « bœuf-carottes » veulent une réflexion sur le détecteur de mensonge. Chargés par Manuel Valls de dresser un rapport sur l'affaire Merah, le contrôleur général Guy Desprats et l'inspecteur général Jérôme Léonnet écrivent dans ce document de 17 pages, rendu public mardi (lire encadré), qu'une « réflexion sur le polygraphe doit être recommandée », arguant que « de nombreux services étrangers [l']utilisent de manière régulière ».

« Un outil comme les autres »
La police des polices critique notamment l'entretien du 14 novembre 2011 entre le « tueur au scooter » et les policiers du renseignement, au cours duquel Merah a réussi à mentir et cacher sa dangerosité. « Ce type d'entretien (…) se révèle de plus en plus fréquent, et mérite d'être professionnalisé et normé », indiquent les auteurs du document, précisant que « la participation d'experts extérieurs peut permettre une appréciation plus fine lors d'une relation concernant des séjours à l'étranger. Par ailleurs, certains profils peuvent nécessiter la présence d'un psychologue pour décoder les comportements. » Le recours au détecteur de mensonge n'est pas autorisé en France, en raison des doutes sur sa « fiabilité ». « Mais on a le droit à une réflexion », corrobore Laurent Montet, directeur de l'Institut des hautes études en criminologie. « Le polygraphe n'est qu'un outil comme les autres. Je crois beaucoup plus à ceux qui analysent ses résultats », nuance-t-il. Le polygraphe pourrait, de l'avis de ce spécialiste, « donner des signes » que les terroristes tentent de cacher. « On a retrouvé dans l'iPod d'Abdelkader [le frère de Mohamed mis en examen pour complicité] des documents dans lesquels on lui apprenait à devenir Monsieur Tout-le-monde », explique un enquêteur spécialisé dans l'antiterrorisme. « Cela pourrait être un outil intéressant, au vu des bons retours sur son utilisation aux Etats-Unis. »

William Molinié
l'Après-Merah

Dans son rapport, rendu public mardi par le ministère de l'Intérieur, la police des polices a relevé « plusieurs défaillances objectives » des services de renseignements. Elle préconise la création d'une structure d'audit interne à la DCRI.

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