En hausse, les tentatives de piratage sur les réseaux sociaux.
En hausse, les tentatives de piratage sur les réseaux sociaux. - S. SALOM-GOMIS / SIPA

Vincent Vantighem

Il y avait quelques photos de fins de soirée un peu arrosées. Rien de bien méchant. Suffisamment tout de même pour inquiéter un éventuel recruteur. «Je sortais d'école et commençais à chercher du boulot, confie Julie*. Mon profil Facebook était fermé aux gens extérieurs. Mais j'ai préféré faire un peu de nettoyage…»

Commerciale, cette trentenaire n'est pas la seule à avoir pris ce genre de précautions. En effet, 40% des Français avouent avoir effacé des informations de leur profil Facebook, car «elles pouvaient être embarrassantes», d'après une étude rendue publique, ce mardi, par AVG.

500 euros avec sursis pour «chefs de merde»

Cette société de sécurité sur Internet a sondé plus de 4.400 jeunes de 18 à 25 ans à travers le monde sur les conséquences que peuvent avoir les réseaux sociaux sur leurs études et leur entrée dans le monde du travail. On y apprend que 7% des Français –en majorité des garçons– ont dû répondre à des questions au sujet de leur profil Facebook lors d'entretiens d'embauche ou d'oraux pour entrer dans les grandes écoles.

«Quand on poste une photo, on trouve ça rigolo sur le moment, confie Gérard Haas, avocat spécialisé dans les nouvelles technologies. Mais c'est très difficile d'en exiger le retrait…» Et pourtant, 10% des Français ont déjà posté des informations déplacées sur leur entreprise après avoir passé une sale journée, selon l'étude. En janvier, un salarié a ainsi été condamné à 500 euros d'amende avec sursis pour avoir traité ses patrons de «chefs de merde» sur Facebook.

«Cloisonner et animer les réseaux sociaux»

Directeur de la division digitale du cabinet de recrutement Michael Page, Martin Villelongue, qui cherche les meilleurs profils, confirme que les réseaux sociaux sont devenus incontournables en quelques années. «Mais nous ne regardons pas les profils Facebook, confie-t-il. On ne va pas forcément y trouver des informations sur les candidats qui nous intéressent. Et puis, le mélange des genres n'est pas bon.»

En revanche, ce recruteur confirme qu'il utilise beaucoup les réseaux sociaux comme LinkedIn et Viadeo. «Le seul conseil que je donne est de cloisonner les réseaux. Facebook pour les amis. Viadeo et LinkedIn pour le boulot, poursuit-il. Et puis, il faut les animer.» Pour autant, une présence sur Internet ne pourra jamais remplacer un entretien de visu, conclut Martin Villelongue.

La pudeur à travers le monde

43 % des jeunes Espagnols pensent que des « photos inappropriées » d'eux sont disponibles sur Internet, contre 29 % en Italie et 25 % en Grande-Bretagne. Les Français ne sont que 20 % à penser la même chose. Seuls 8 % d'entre eux ont leur patron parmi leurs amis Facebook.