Le quotidien d'un hacker, spécialiste de la sécurité informatique, c'est coder pendant des heures.
Le quotidien d'un hacker, spécialiste de la sécurité informatique, c'est coder pendant des heures. - A. GELEBART / 20 MINUTES

«Un petit génie de l’informatique». Un hacker autodidacte âgé de 20 ans a été interpellé à Amiens (Somme) mardi et mis en examen mercredi soir pour escroquerie et piratage, a appris ce jeudi 20 Minutes de source policière.

Le jeune homme, placé sous contrôle judiciaire, copiait des applications déjà existantes dans des boutiques non officielles («blackmarket») pour «Android». Il avait réussi à y dissimuler un virus informatique, surnommé «Fakemart», de telle sorte que lorsqu’une victime téléchargeait ces applications, des SMS étaient immédiatement envoyés à son insu à un numéro surtaxé.

500.000 euros de préjudice

«Généralement, après ce SMS, l’utilisateur reçoit en retour un code qu’il peut jouer sur des sites en ligne. Mais là, le virus interceptait ce code, qui était ensuite récupéré par le hacker», explique une source policière. Le jeune homme utilisait alors ce code sur des sites de «jeu à instant-gagnant» ou lotteries en ligne. Si ses gains à lui «ne sont pas mirobolants», le nombre de victimes est considérable. Plus de 17.000 personnes ont été escroquées, pour un préjudice total de 500.000 euros. «Les victimes ne s’en rendaient pas compte immédiatement. Elles comprenaient qu’il y avait un problème en recevant leur facture téléphonique, généralement majorée entre 100 et 150 euros», poursuit cette source.

Le jeune homme, qui vivait chez ses parents, n’avait pas fait d’études d’informatique mais est décrit par les policiers comme «très intelligent». En garde à vue, il a reconnu les faits, expliquant que «l’appât du gain n’était pas sa première motivation». «Il a expliqué aimer l’informatique et vouloir devenir développeur», a précisé cette source.

Ce sont les policiers de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC) qui sont parvenus, au terme «d’investigations classiques et téléphoniques», à débusquer ce pirate, après avoir été avertis par les opérateurs téléphoniques. En février dernier, un autre hacker avait été interpellé pour avoir dissimulé un virus dans des applications en vogue. «Il avait fait 2.000 victimes», indique l’OCLCTIC.

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