Un homme s'est rendu mardi soir au commissariat de Cachan, dans le Val-de-Marne, dans l'enquête sur la mort de deux jeunes vendredi à la Villeneuve, dans la banlieue de Grenoble (Isère), lynchés par un groupe d'agresseurs, a-t-on appris ce mercredi de source policière.
Cette reddition intervient au lendemain de l'interpellation de douze autres personnes, placées en garde à vue. Trois suspects, considérés comme «très violents», restent en fuite, a précisé la source policière. Le treizième suspect s'est rendu de lui-même, accompagné de son oncle, a indiqué cette source qui n'a pas donné son âge.
Lors de cette rixe mortelle, avec usage de couteaux, manches de pioche, bâtons ou encore marteaux selon le parquet, Kevin, étudiant, et Sofiane, éducateur, âgés de 21 ans, ont reçu plusieurs coups de couteau, «sept à huit» pour Kevin, et «une trentaine» pour son ami Sofiane.
«Il faut déterminer qui a fait quoi. Aucun des gardés à vue n'a reconnu les faits», avait déclaré mardi le procureur de la République Jean-Yves Coquillat, lors d'une conférence de presse à Grenoble. Parmi les interpellés, deux frères de 19 et 20 ans, tous deux militaires, semblent avoir joué un rôle central. «Les militaires sont à l'origine de la bagarre. Ils ont dit qu'ils réservaient leurs explications au juge», a-t-il dit.
Une marche blanche «à la mémoire de Kevin et Sofiane» a été organisée mardi soir dans le quartier, rassemblant 10.000 personnes selon la police. Elles se sont massées derrière des portraits des jeunes tués et une banderole sur laquelle étaient inscrits les prénoms des deux victimes, Kevin et Sofiane.
Les enquêteurs «ont conscience que ce drame, ce crime, ce massacre, puisque Kevin et Sofiane ont été massacrés, doit trouver justice», avait de son côté déclaré mardi le ministre de l'Intérieur Manuel Valls devant l'hôtel de police de Grenoble, au lendemain de la visite sur place de François Hollande.