Caricatures, film anti-islam: Le calme a régné en France ce samedi, malgré des appels à manifester

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Publié le 22 septembre 2012.

MANIFESTATIONS - Un important dispositif avait été déployé, à Paris en particulier...

Un important dispositif policier a été déployé ce samedi dans plusieurs quartiers de Paris, où la situation est restée calme - bien que 50 personnes «qui ne respectaient pas les interdictions» aient été interpellées, a signalé la Préfecture de police de Paris. De même, à Marseille, une soixantaine de CRS, appuyés par un hélicoptère de la gendarmerie, se sont déployés samedi après-midi dans le centre face à... un seul manifestant qui avait appelé à dénoncer les caricatures du prophète Mahomet parues dans Charlie Hebdo, a constaté l'AFP.

Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande mosquée de Paris, a salué ce samedi la «maturité» de la communauté musulmane qui, selon lui, a répondu par «un silence méprisant aux provocations».

Appels au calme

«Beaucoup d'appels» à manifester samedi dans les grandes villes françaises ont été relayés via les réseaux sociaux et par SMS, malgré l'interdiction des manifestations de musulmans ulcérés d'abord par ce film islamophobe, puis par les caricatures.

Imams et responsables musulmans ont appelé au calme vendredi lors de la grande prière. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls disait n'avoir «pas d'inquiétude» mais avoir donné des «instructions très fermes» pour interdire toute manifestation.

«Nous refusons d'être instrumentalisés»

Deux lieux de rassemblement ont fait l'objet de demandes refusées par la préfecture: les alentours de la Grande mosquée, dans le centre de la capitale, et la place du Trocadéro, dans l'ouest parisien.

A la mi-journée, alors que les fidèles quittaient dans le calme la Grande mosquée après la prière, une quinzaine de fourgons de CRS ainsi que des voitures banalisées étaient stationnés alentour, a constaté un journaliste de l'AFP. Plusieurs policiers en civil patrouillaient, talkie-walkie à la main.

«Pour le moment, c'est calme. On espère qu'il ne se passera rien, nous refusons d'être instrumentalisés», déclarait à l'AFP un responsable posté à l'entrée de la mosquée.

Une vingtaine de fourgons de CRS place de la Concorde

Place du Trocadéro, des journalistes de l'AFP ont compté une dizaine de cars de gendarmes mobiles et de police, revêtus de tenues anti-émeutes, protège-tibias et coudières, épaulettes et bâtons. Certains font le guet ou patrouillent sur l'esplanade, au milieu de touristes et de promeneurs.

Le dispositif policier est très marqué aussi place de la Concorde, dans l'un des quartiers les plus sécurisés de Paris puisqu'il compte l'Elysée et le ministère de l'Intérieur. Selon plusieurs journalistes de l'AFP, une vingtaine de fourgons de CRS et de gendarmes en tenue ont investi le quartier. Dans la matinée, des mini-bus de CRS bloquaient le passage entre la place et la contre-allée des Champs-Elysées, remplacés quelques heures plus tard par des barrières de sécurité.

C'est là, devant l'ambassade américaine, que s'était déroulée samedi 15 septembre une manifestation spontanée, qui avait donné lieu à l'interpellation d'environ 150 personnes protestant contre le film islamophobe. Un homme, soupçonné d'avoir participé à cette manifestation non autorisée, a été condamné à trois mois de prison ferme pour participation à un attroupement armé.

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête visant à identifier les organisateurs de cette manifestation. Sur les quelque 150 personnes interpellées, «une petite majorité était connue des services de police pour des délits de droit commun», notamment de violence, selon une source judiciaire.

E.O., avec AFP
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