Etude sur les OGM: Entre temps médiatique et vérifications scientifiques

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Publié le 20 septembre 2012.

DÉCRYPTAGE - «20 Minutes» revient sur une étude du Criigen, qui pointe des effets toxiques liés à l'usage d'un pesticide sur du maïs OGM...

Un jour après la publication d’une étude conduite par le professeur Sérilini, la machine médiatique est lancée. Un livre, un documentaire et un film, tous consacrés à cette étude, doivent d’ailleurs sortir dans les prochains jours.  Alors que des voix commencent à s’élever pour critiquer les résultats obtenus par l’équipe de chercheur du Criigen, «20 Minutes» fait le point sur la situation...

De quoi s’agit-il?

Une étude réalisée sous la houlette du professeur Sérilini a été publiée mercredi sur le site Food and Chemical Toxicology. Conduite avec la plus grande discrétion depuis deux ans, elle est présentée comme une grande première dans le domaine. «Pour la première fois au monde, un OGM et un pesticide ont été évalués pour leurs impacts sur la santé plus longuement et complètement que les agences sanitaires, les gouvernements, les industriels et d'autres chercheurs», peut-on lire sur le site du Criigen. Selon Joël Spiroux de Vendomois, «aucune enquête de ce type n’avait jamais été réalisée, pour permettre de rechercher la toxicité des OGM, sur deux ans, avec autant de paramètres».

Qu’en ressort-il?

D’après les chercheurs, les résultats sont alarmants. Les dosages utilisés (à partir de 11% d'OGM dans l'alimentation, et 0,1 ppb de Roundup dans l'eau), caractéristiques de doses environnementales courantes, révèleraient «des mortalités plus rapides et plus fortes au cours de la consommation de chacun des deux produits, avec des effets hormonaux non linéaires et reliés au sexe». Devant de telles observations, le gouvernement a décidé de saisir l’Anse, pour qu’une analyse des résultats soit réalisée.

Existe-t-il d’autres études de ce genre?

En 2007, le même groupe de chercheurs du Criigen avait déjà entrepris une étude de ce type sur une durée plus courte (trois mois). Mais les résultats avaient alors été contestés. C’est en effet ce qui ressortait d’un avis, rendu le 15 juin 2007 par la Commission du génie biomoléculaire (CGB) au sujet de cette étude sur la toxicité du maïs MON 863.

Cette nouvelle étude est-elle contestable?

Pour Philippe Joudrier, ancien président d’un comité d’experts spécialisé en Biotechnologie de l’Afssa, en charge de l’évaluation des OGM de 2006 à 2009 et auteur du livre OGM: Pas de quoi avoir peur, deux choses semblent gênantes dans cette étude. Il y a d’abord le choix de la race de rats. «Les auteurs de cette étude ont pris des races particulièrement aptes à produire des tumeurs mammaires.» Le nombre semble également poser problème. «Ils en ont pris 200. Du coup, chaque cohorte d’animaux, plus les témoins, était composée de moins de dix individus de chaque sexe. Ce qui paraît être un effectif trop faible.»

Que va-t-il se passer maintenant?

Dès mercredi, le gouvernement a décidé

par la voix du ministre de l’Agriculture

de saisir l’

Anse

, pour apporter une expertise extérieure à cette étude. Mais celle-ci ne devrait pas être connue avant trois mois. Un décalage entre le temps médiatique et celui de la science que semblent déplorer certains, comme l’Association Française pour l’Information Scientifique. Quant au débat sur les OGM et les pesticide, il est bel bien relancé.

Mathieu Gruel
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