Charb, directeur de la publication de «Charlie Hebdo», le 20 janvier 2012 à Nantes.
Charb, directeur de la publication de «Charlie Hebdo», le 20 janvier 2012 à Nantes. - SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

E.O.

Charlie entre dans la polémique sur le film anti-islam et provoque des inquiétudes au sommet. Charlie Hebdo publie mercredi plusieurs caricatures du prophète Mahomet, ce qui fait craindre aux autorités une réaction des islamistes, trois jours après la manifestation de 250 personnes devant l’ambassade américaine de Paris.

Sur la une de l’hebdomadaire, un dessin parodie le film Intouchables, en montrant un juif poussant un fauteuil roulant dans lequel est assis un musulman. «Faut pas se moquer!» lancent les deux hommes. Mais ce sont les caricatures publiées sur la dernière page du journal qui sont davantage controversées, puisqu’on y voit notamment le prophète représenté entièrement nu.

«Je ne vois pas du tout l’utilité d’une provocation»

Jean-Marc Ayrault a réagi en début de soirée dans un communiqué, indiquant qu’il désapprouvait «tout excès» et qu'il appelait chacun «à la responsabilité». Le Premier ministre rappelle «que la liberté d’expression constitue l’un des principes fondamentaux de notre République» mais aussi que «le principe de laïcité est, avec les valeurs de tolérance et de respect des convictions religieuses, au cœur de notre pacte républicain». Ces dessins sont même une «provocation», selon Laurent Fabius, en déplacement au Caire, qui a jugé la publication de ces dessins inopportune. «Je ne vois pas du tout l’utilité d’une provocation et même, je la condamne», a indiqué le ministre des Affaires étrangères, avant d’ajouter: «Je souhaiterais que la raison prévale.»

Charb, le directeur de la publication du journal, a justement récusé toute provocation. «Je n'appelle pas les musulmans rigoristes à lire Charlie Hebdo, comme je n'irais pas dans une mosquée pour écouter des discours qui contreviennent à ce que je crois», a-t-il déclaré sur iTélé. Ces dessins, selon lui, «choqueraient ceux qui vont vouloir être choqués en lisant un journal qu'ils ne lisent jamais».

Il y a presque un an, le siège de Charlie Hebdo avait été ravagé par un incendie volontaire après la publication d’une caricature de Mahomet. Charb, lui, est toujours sous protection policière depuis. D’après RTL, la police a prévu ce mardi soir de renforcer la sécurité et d’augmenter les patrouilles autour des nouveaux bureaux du journal.