Abdelkader Merah, qui nie toute complicité, entendu par la justice

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Publié le 10 septembre 2012.

JUSTICE - Le frère du tueur a été entendu lundi sur les faits de complicité d'assassinats terroristes...

Abdelkader Merah, frère de Mohamed Merah qui a abattu sept personnes en mars à Toulouse et Montauban en se réclamant d'Al Qaïda, a été entendu pour la première fois ce lundi par un juge sur les faits de complicité d'assassinats terroristes qu'il nie. Son avocat Eric Dupond-Moretti est arrivé en début d'après-midi à la galerie antiterroriste où l'audition devait être menée par trois juges d'instruction.

Mohamed Merah, un Français de 23 ans, a été abattu le 22 mars à Toulouse par le Raid, unité d'élite de la police, lors d'un assaut donné à son logement où il était retranché depuis plus de 30 heures. Pendant le siège de son logement, Mohamed Merah a revendiqué auprès des policiers avoir tué trois militaires, ainsi que trois enfants juifs et le père de l'un d'entre eux dans un école.

«Mauvais génie»

Son frère est en détention notamment car il a participé au vol du scooter qu'utilisait le tueur. Abdelkader était fiché comme membre de la mouvance islamiste radicale depuis 2007. Mohammed était connu aussi du renseignement français, qui l'avait même interrogé sans l'inquiéter fin 2011, à son retour d'un voyage en Afghanistan. On sait aujourd'hui qu'il y a sans doute rencontré des islamistes radicaux et a assuré aux policiers pendant le siège qu'il avait reçu une «mission d'Al Qaïda».

Depuis, l'enquête vise à déterminer s'il a bénéficié éventuellement de soutiens, notamment de la part de son frère. Les juges veulent savoir dans quelle mesure il agissait pour le compte d'un réseau. Un examen judiciaire de ses téléphones a déjà montré qu'il avait passé 1.863 appels, dont 186 à l'étranger, de septembre 2010 à février 2011.

Plainte du père

Abdelkader Merah, également mis en examen pour «association de malfaiteurs», était son «mauvais génie», estime un haut magistrat parisien au fait du dossier qui a requis l'anonymat. «Je pense que les services de renseignement espéraient le retourner et en faire un agent et ils se sont fait enfariner», a-t-il dit à des journalistes.

La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a nié toute faute et son ex-patron Bernard Squarcini, limogé après l'arrivée de la gauche au pouvoir, avait parlé de «loup solitaire» et estimé qu'il s'était «auto-radicalisé». Les juges ont obtenu la levée du secret-défense et mis en lumière les liens ambigus entre le jeune islamiste et la DCRI, mais sans démontrer qu'il ait été un informateur ou agent.

Le père de Mohammed Merah a porté plainte pour assassinat en estimant que la police l'avait mis à mort pour cacher le fait qu'il était manipulé. Il assure disposer d'enregistrements audio et vidéo réalisés pendant le siège qui le prouveraient mais ses avocats ne les ont jamais remis à la justice. Le parquet de Paris explique qu'il est matériellement impossible que Mohamed Merah ait pu réaliser lors du siège et faire parvenir à l'extérieur des enregistrements puisqu'aucun appareil - téléphone portable ou autre - n'a été découvert chez lui après sa mort.

Reuters
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