VIDEO. Amazon: Pourquoi «Philip K. Dick’s Electric Dreams» ne peut pas se mesurer à «Black Mirror»

SERIES Amazon Prime Vidéo dévoile sa série anthologique de science-fiction, « Philip K Dick’s Electric Dreams », ce vendredi…

Laure Beaudonnet

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L'affiche de Philip K. Dick's Electric dreams (Amazon) et celle de Black Mirror (Netflix)

L'affiche de Philip K. Dick's Electric dreams (Amazon) et celle de Black Mirror (Netflix) — AMAZON VIDEO / NETFLIX

  • Philip K Dick’s Electric Dreams est diffusée ce vendredi sur Amazon Vidéo.
  • Chacun des 10 épisodes s'inspire d'une nouvelle de l'auteur américain Philip K. Dick.

Deux semaines après la diffusion de la saison 4 de Black Mirror sur Netflix, Amazon Prime Vidéo dévoile sa propre série anthologique de science-fiction, Philip K Dick’s Electric Dreams, diffusée ce vendredi. Présentée comme un hommage au pape du genre, Philip K. Dick -l’auteur qui a inspiré les cultissimes Blade Runner, Minority Report, Total Recall…-, la série, composée de 10 épisodes indépendants, reprend les prophéties, tantôt futuristes, tantôt paranoïaques, du romancier.

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Devant une série de science-fiction d’anthologie, difficile de s’empêcher de la comparer à Black MirrorPhilip K. Dick’s Electric Dreams joue-t-elle dans la même cour que le chef-d’œuvre signé Charlie Brooker ?

Une challengeuse de taille… sur le papier

Après le succès de la dystopie britannique Black Mirror (Channel 4, puis Netflix), de Westworld (HBO), de Humans (adaptation sur AMC de la Suédoise Real Humans), toutes les chaînes se lancent sur le terrain de l’anticipation cauchemardesque. Amazon Video - connu pour certaines séries originales de très grande qualité comme Transparent et Mozart in the jungle- n’a pas mis longtemps à dégainer sa propre série futuriste.

Et sur le papier, la série vend du rêve. Des stars comme Bryan Cranston (Breaking Bad), Steve Buscemi (Boardwalk Empire), Geraldine Chaplin s’invitent au casting, des monstres comme Alan Taylor, l’un des réalisateurs de Game of Thrones et de Terminator Genisys, passent derrière la caméra. Sans compter que la plateforme s’était déjà attaquée à l’œuvre de Philip K. Dick pour The Man in the High Castle [Le Maître du haut château], l’un de ses plus gros succès en 2017. Bref, Amazon a mis le paquet pour affronter le monstre Black Mirror sur son terrain.

Les dix épisodes reprennent chacun une courte nouvelle. On retrouve ainsi tous les ingrédients chers à l’auteur américain : les pouvoirs télépathiques des mutants (The Hood maker), une vieille dame qui rêve de visiter la Terre (The impossible planet), la confusion entre fantasmes et réalité (Real life), les délires paranoïaques. D’un épisode à l’autre, on voyage dans un monde désenchanté où l’homme perd le combat face aux nouvelles technologies, où des extra-terrestres prennent possession des esprits, où l’innovation asservit les consciences au nom de la sécurité.

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Un « pot-pourri » avec quelques fulgurances

Comme son titre l’indique, Philip K Dick’s Electric Dreams (en référence au best-seller Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques) s’intéresse davantage au rêve et à la frontière de la folie qu’aux effets secondaires des nouvelles technologies, le fil conducteur de Black Mirror. Et, si elle ne manque pas d’ambition -Safe and sound et Impossible Planet sont particulièrement réussis-, le résultat demeure assez inégal tant sur la forme que sur le fond.

Les épisodes reprennent des idées déjà bien éculées -il faut dire que Philip K. Dick a inspiré plus d’une œuvre depuis les années 1960- et à faire le choix de l’exhaustivité, la série se perd, et perd son téléspectateur avec elle. Présentée comme une anthologie, Philip K. Dick’s Electric Dreams a plutôt l’air d’un « pot-pourri » avec quelques fulgurances. Sur le ring de la science-fiction, Black Mirror n’a toujours pas trouvé d’adversaire à sa taille.