VIDEO. Vingt ans après «Sex and The City», Sarah Jessica Parker incarne toujours la «femme libérée»

Rencontre «20 Minutes» a rencontré la star de «Sex and The City» à New York à l’occasion du lancement de la saison 2 de «Divorce», une dramédie signée HBO…

De notre envoyée spéciale à New York, Anne Demoulin

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Sarah Jessica Parker incarne Frances dans la série de HBO, «Divorce».

Sarah Jessica Parker incarne Frances dans la série de HBO, «Divorce». — HBO

Il y a tout juste vingt ans, Sarah Jessica Parker  incarnait l’inoubliable célibattante new-yorkaise Carrie Bradshaw courant en tutu après un taxi à la recherche de Mr Right (et devait se contenter de Mr Big). Vingt ans plus tard, dans la saison 2 de Divorce, diffusée à partir de lundi sur OCS City génération HBO, l’actrice campe Frances, une mère de famille quinquagénaire en pleine séparation dans la banlieue de New York. Tout un symbole ? L’occasion de rencontrer la pétillante actrice et ses co-stars au 14e étage des bureaux de HBO à New York avec sa vue imprenable sur Bryant Park, qui servit de décor à un des défilés de la Fashion Week dans la série culte des années 1990.

Carrie Bradshaw, l’idéal de la femme postmoderne

Impossible de ne pas penser à la mythique Carrie Bradshaw en voyant arriver la « sweet », traduisez « adorable » Sarah Jessica Parker, impeccablement sapée et perchée sur des talons de 12. « Bonjour ! Enchanté ! », lance-t-elle en français. « Frances ressemble beaucoup physiquement à Carrie Bradshaw, je lui ressemble également et je ressemble aussi à Carrie Bradshaw », plaisante d’emblée l’actrice qui n’en a pas marre d’être associée à la célèbre éditorialiste.

« Ce serait comme si j’essayais de passer outre quinze années bien dépensées. J’aime ce personnage. C’est un privilège d’avoir vécu cette expérience, l’association est forte, mais il y a des choses bien pires », souligne-t-elle, philosophe.

« Sex and the City était la série signature de HBO, une série très puissante, rappelle Thomas Haden Church, qui joue Robert, le mari de Frances dans Divorce. Quand vous voyez Jennifer Aniston dans un film, arrivez-vous à oublier complètement Rachel dans Friends ? » Primée à plusieurs reprises et consacrée par le Times comme l’une des 100 meilleures séries de tous les temps, le show a été porté au grand écran à deux reprises, en 2008 et 2010, engrangeant des centaines de millions au box-office.

Carrie Bradshaw et ses amies, Samantha, l’attachée de presse nymphomane (Kim Cattrall), Charlotte, la BCBG coincée (Kristin Davis), et Miranda, l’avocate psychorigide (Cynthia Nixon), ont changé la représentation de la femme sur le petit écran américain. Elles étaient des héroïnes ultra-libres, indépendantes, les premières à discuter de leur vie sexuelle avec un ton aussi décomplexé. Bref, l’idéal de la femme postmoderne.

Frances, la femme ordinaire postmoderne

Jenny Bicks, nouvelle showrunneuse et productrice exécutive de la saison 2 de Divorce, avait travaillé sur Sex and the City. Mais même si les comparaisons sont inévitables, Divorce n’est pas le nouveau Sex and the City.

Frances n’a pas le glamour et n’est pas accro à la mode comme Carrie Bradshaw. « Nous avons beaucoup réfléchi sur le fait qu’elle ne vivait pas en ville. Comment tourner ? Dans quelles rues ? A quoi devais-je ressembler ? », détaille l’actrice.

La vie de Carrie Bradshaw avait l’allure de celle d’un conte de fées, celle d’une Cendrillon en quête du prince charmant. Celle de Frances, plus réaliste, raconte la quête d’une femme avec elle-même. Entre-temps, les divorcées sont devenues les nouvelles héroïnes cool des séries. « Divorce parle d’une femme qui essaye de trouver sa voie. Comme beaucoup de femmes, elle a abandonné beaucoup de choses parce qu’elle pensait qu’elle le devait », raconte Sarah Jessica Parker.

« Frances a joué les conventions. Elle a rencontré un homme à la fac, l’a épousé, a eu un job et s’est sacrifiée professionnellement pour ses enfants… Elle est désormais libérée parce qu’elle a travaillé pour cela. De plus en plus de femmes choisissent le divorce, c’est l’occasion pour elle de démarrer une seconde vie. C’est une histoire qui parle à beaucoup de femmes », poursuit la star de 52 ans.

Un trio d’actrices dans la force de l’âge

Comme Sex and the City, Divorce met en scène une bande d’amies, cette fois-ci toutes dans la cinquantaine. « Il y a beaucoup de séries pour les jeunes, j’ai 53 ans et je trouve ça bien d’avoir un show qui parle de nous », se réjouit Molly Shannon, qui joue l’une des deux meilleures amies de Frances, Diane.

Talia Balsam, 58 ans, campe Dallas, une femme dans la force de l’âge très libérée sexuellement : « Je ne savais pas qu’elle serait si ouverte », rit l’actrice, « Certaines femmes célibataires de 40 ou 50 ans ont une vie intime active, leur histoire a besoin, comme les autres d’être racontée », commente Sarah Jessica Parker. Un sujet nouveau à la télévision que l’on doit au « point de vue féminin de la série », selon Talia Balsam.

La série Divorce a, en effet, été créée par une femme, Sharon Horgan, tandis que l’on doit Sex and the City à un homme, Darren Star. « Nous avons 50 % de rôles féminins, plus de 50 % de réalisatrices, 95 % de femmes scénaristes et de nombreuses femmes dans l’équipe technique », se félicite Sarah Jessica Parker, également productrice de Divorce.

« Il reste encore tellement de choses à faire sur les plateaux, j’aimerai qu’on fasse encore mieux, même si nous avons cet objectif de 50-50 en 2020 », poursuit Sarah Jessica Parker qui estime que l’égalité est un combat à mener, autant pour « les femmes, que pour les personnes de couleurs et la communauté LGBT ». En plein scandale Harvey Weinstein à Hollywood, les femmes prennent peu à peu le pouvoir à la télévision.

« On vit un moment incroyable, je me sens fière de faire partie d’un show avec des femmes qui raconte des histoires de femmes, c’est particulièrement passionnant à ce moment de notre histoire », conclut Molly Shannon. On en reparle dans 20 ans ?