«Black Mirror»: Puces, implants et drogues récréatives... Le futur du divertissement?

DYSTOPIE A l’occasion de la diffusion de la saison 4 de « Black Mirror » le 29 décembre prochain, « 20 Minutes » explore les futurs dystopiques…

Anne Demoulin, avec Laure Beaudonnet

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Rosemarie DeWitt dans «Arkange», le premier épisode de la saison 4 de «Black Mirror» fait mettre un implant dans le cerveau de sa petite fille.

Rosemarie DeWitt dans «Arkange», le premier épisode de la saison 4 de «Black Mirror» fait mettre un implant dans le cerveau de sa petite fille. — Christos Kalohoridis / Netflix

  • La saison 4 de Black Mirror sera disponible sur Netflix à partir du 29 décembre.
  • A la réalisation des six épisodes, on trouve des stars telles que Jodie Foster, Toby Haynes, John Hillcoat.
  • Pour l’occasion, 20 Minutes a décidé de plonger dans l'actualité du cauchemar technologique.

Nomade, personnalisée, dématérialisée et connectée. Notre façon de nous divertir n’a de cesse d’évoluer. Les algorithmes nous recommandent livres, films et séries. Les casques de réalité virtuelle nous permettent de visiter un musée à l’autre bout du monde, de regarder un film en 360 degrés ou de jouer dans de nouveaux mondes. Quand la Silicon Valley se demande quel sera le « next big thing » et dessine le futur de l’entertainment, ça évoque un épisode bien creepy de Black Mirror. Les pitchs les plus cauchemardesques.

Jouer aux jeux vidéo grâce à des puces et des implants

Pourquoi enfiler un casque de réalité virtuelle quand on peut directement vous mettre une puce ou un implant dans le cerveau ? « Les gens parlent d’avoir des puces et d’autres augmentations du cerveau, comme des interfaces informatiques. Je pense que nous verrons des interfaces non invasives qui fonctionneront probablement non seulement dans la santé, mais aussi dans le divertissement », a expliqué à 20 Minutes Andra Keay, directrice de Silicon Valley Robotics, acteur majeur de la robotique. Ces nanobiotechnologies et « ces interfaces informatiques de haute qualité » connecteront directement le système nerveux à l’intelligence artificielle. Dans le domaine des jeux vidéos, ça fait sérieusement penser au scénario d’ Existenz de David Cronenberg ou à celui de l’épisode 2 de la saison 3 de Black Mirror. Dans cet épisode, la puce électronique implantée dans la nuque d’une personne interagit directement sur le cerveau en ajoutant une réalité imaginaire à l’environnement de son porteur. Celui-ci voit donc son cerveau être piraté et des informations sensorielles ajoutées à son environnement. La réalité augmentée ultime est alors bien flippante !

Des pilules à la place des films et des séries

Plutôt que de produire de coûteuses productions audiovisuelles, pourquoi ne pas implanter directement le voyage dans le cerveau à l’aide d’une pilule ? Le futur du divertissement passera-t-il par les substances chimiques récréatives ? Aussi fou que cela puisse paraître, Reed Hastings, le patron de Netflix, y a déjà pensé. « Les films et les émissions télévisées seront comme l’opéra et le roman, a-t-il avancé lors d’une conférence organisée par le Wall Street Journal en 2016. Il y aura des substituts. »

Et de poursuivre : « Le vrai challenge pour nous est de savoir quelle sera la nouvelle forme de contenu. Est-ce que ce sera la réalité virtuelle, la réalité augmentée ? Ou est ce que ce sera pharmacologique ? »

« Dans vingt ou cinquante ans, prendre une pilule bleue personnalisée qui vous fait halluciner de manière divertissante et ensuite prendre une pilule blanche qui vous ramène à la normale est tout à fait viable », a-t-il détaillé sur le ton de la blague. Netflix n’est pas prêt à remplacer son « chill » par des « pill », Reed Hastings a tout de même conclu que si la source du divertissement devait devenir « pharmacologique », l’humanité risquerait « d’avoir quelques problèmes ». La plaisanterie en dit long sur les ambitions de la Silicon Valley. Ne sommes-nous pas tous déjà drogués aux écrans, ces Black Mirrors ?