• « Mindhunter », la série de David Fincher, est disponible sur Netflix ce vendredi. Elle suit l’émergence du métier de profiler dans l’Amérique des années 1970.
  • 20 Minutes a rencontré Jonathan Groff et Holt McCallany, les deux héros de ce « buddy movie » en dix épisodes.
  • « Le show veut montrer que les serials killers ne sont pas des supervilains mais le résultat d’un triste et complexe gâchis d’un être humain », assure Jonathan Groff.

Un thriller psychologique aussi puissant que captivant. Adaptation romancée de l’essai de Mark Olshaker et de l’agent du FBI John Douglas, la série de David Fincher, Mindhunter, disponible sur Netflix ce vendredi, suit l’émergence du métier de profiler, dans l’Amérique des années 1970. Un examen rigoureux de la psyché des serials killers au travers le destin de deux agents du FBI, Holden Ford et Bill Tench. Rencontre avec Jonathan Groff et Holt McCallany, les deux stars de ce « buddy movie » en dix épisodes.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer dans « Mindhunter » ?

Jonathan Groff – Quand mon agent m’a envoyé le script, ça a été un « oui » immédiat. D’abord, parce que je suis tellement fan de David Fincher et aussi parce que l’histoire était tellement unique et complexe.

Holt McCallany – J’ai joué dans le premier film de David Fincher, Alien 3 et dans le film culte Fight Club, mais ce n’était que des petits rôles. Là, il me proposait l’un des deux rôles principaux ! Nous sommes des amis de longue date et ça m’a vraiment touché. J’ai tellement de respect pour son talent, son intelligence et sa passion. Le fait qu’il m’ait choisi est un grand honneur. C’est l’un des plus grands réalisateurs au monde et en vérité, tous les acteurs rêvent de travailler avec lui.

Parlez-nous de vos personnages ?

Jonathan Groff – Sans trop en dévoiler, le chemin que parcours Holden Ford dans la saison 1 est passionnant. Ce personnage vit une sorte d’éveil mental et sexuel et en même temps, il se retrouve face à des tueurs sexuels. Tout cela me semblait très intéressant et unique. Il est prêt à tout pour satisfaire sa curiosité, son besoin de comprendre. Holden est le point de départ d’un changement au sein du FBI dirigé alors par J. Edgar Hoover, il apporte cette idée que des gens qui sont le diable incarné peuvent avoir quelque chose à offrir si l’on s’assoit en face d’eux et que l’on feint l’empathie.

Holt McCallany – Quand on découvre Bill Tench, il a oublié pourquoi il était devenu un agent du FBI. Il est devenu instructeur pour s’éloigner de sa famille, de ses collègues. Lorsqu’Holden Ford apparaît dans ma vie, il est plein d’énergie, il déborde d’idées. Au début, il résiste, parce qu’il a vingt ans de boutique et qu’il sait qu’au FBI les choses bougent lentement. Grâce à Holden, il va se rappeler pourquoi il fait ce métier.

Justement votre duo rappelle celui des « Buddy Movie »…

Holt McCallany – On a vu beaucoup de duos au cinéma avec un vieux et un jeune flic : dans Seven avec Morgan Freeman et Brad Pitt, Colors avec Robert Duvall et Sean Penn ou Training Day avec Denzel Washington et Ethan Hawke… En vérité, il ne faut absolument pas penser à ces films que j’ai adorés. Il faut découvrir ce qui est intéressant entre ce jeune homme et moi. J’espère qu’on a trouvé cette alchimie.

Jonathan Groff – Holden et Bill sont aussi différents l’un de l’autre que Holt et moi le sommes. La série est tellement intense, le thème, tellement noir, que la relation entre Holden et Bill apporte une sorte de respiration. C’était très marrant de découvrir ça et de jouer avec cette dynamique.

Comment vous êtes-vous préparé pour cette série ?

Jonathan Groff – J’ai aussi revu les films de David Fincher. Mon personnage s’inspire de John E. Douglas, donc j’ai lu son livre, bien sûr. J’étais un novice en matière de serial killer et cela m’a beaucoup troublé. J’ai dû le reposer, puis le reprendre… Nous échangeons régulièrement avec John E. Douglas. Une des forces de la série, c’est de montrer à quel point ses idées étaient nouvelles, le terme « serial killer » n’existait pas à l’époque. Il y avait une sorte de parallèle entre moi, une sorte de novice et mon personnage, j’ai évolué et appris avec mon personnage.

Holt McCallany – J’ai lu tous les livres de John E. Douglas. Je l’ai appelé parce que je voulais le rencontrer. C’est une légende du FBI. Il m’a invité à passer un week-end chez lui. On a beaucoup discuté de ses enquêtes, des criminels qu’il a croisés. Mon personnage est basé sur un agent du FBI qui s’appelle Robert Ressler, décédé en 2013. J’ai aussi lu ses livres. Je suis allée à Quantico, l’Académie du FBI, où j’ai rencontré des agents qui travaillent actuellement à la Behavioral Science Unit (BSU). J’ai fait des recherches sur les tueurs en série et sur le contexte des années 1970. Bref, j’ai fait beaucoup de recherches et cela ne s’est pas arrêté depuis !

Comment expliquez-vous cette fascination pour les serials killers ?

Holt McCallany – Le sujet est très compliqué. Les gens ont des difficultés à comprendre qu’un être humain puisse commettre ces crimes inimaginables, sadiques et brutaux. On est forcément fasciné par ceux qui sont très différents de nous.

Jonathan Groff – Oui, je crois que c’est le désir de comprendre l’inimaginable.

Au-delà des serials killers, Mindhunter n’est-elle pas aussi une réflexion sur la société américaine ?

Holt McCallany – La série se déroule après le Watergate et la guerre du Vietnam, elle parle de ce moment précis dans la société américaine.

Jonathan Groff – Le show veut montrer que les serials killers ne sont pas des supervilains mais le résultat d’un triste et complexe gâchis d’un être humain. Il s’agit d’explorer l'esprit de ces criminels mais aussi le contexte culturel des années 1970, la fin de l’ère Hoover, David Fincher voulait explorer ces aspects de l’Amérique.