Kyle MacLachlan au 57e Festival de Télévision de Monte-Carlo le 20 juin 2017.
Kyle MacLachlan au 57e Festival de Télévision de Monte-Carlo le 20 juin 2017. - Alberto Terenghi/IPA/SIPA

Twin Peaks s’invite sur Le Rocher. A l’occasion de la diffusion de la saison 3 sur Canal +, le 57e Festival de Télévision de Monte-Carlo accueille ce lundi Kyle MacLachlan, l’interprète de non pas, un, ni deux, mais trois personnages dans la suite de l’œuvre de David Lynch : l’agent Dale Cooper, son double maléfique et Dougie Jones. L’acteur a répondu aux questions des journalistes sur le mythique show, dont le 7e épisode sera diffusé ce mardi sur Canal + Series à 20h55, lors d’une conférence de presse. Morceaux choisis.

Plus de vingt-cinq ans ont passé depuis la fin de « Twin Peaks »…

Je tiens à remercier les fans d’avoir permis à ce monde de reprendre vie. Je crois que c’était le bon moment pour Twin Peaks de revenir.

Comment c’était de se retrouver dans le costume de Dale Cooper ?

C’était magique. J’ai renfilé le costume de Dale Cooper de façon presque rituelle, doucement et avec prudence. Quand je me suis dirigé vers le plateau et que David m’a revu dans le costume pour la première fois, son visage s’est illuminé. Nous nous sommes pris dans les bras et on s’est dit « Voilà, on y est ! ». J’étais de retour dans l’aventure Twin Peaks.

Où diable nous emmène cette troisième saison, un peu perturbante ?

Je regarde la série au même rythme que les téléspectateurs. J’ai lu le script donc je sais à peu près où cela va nous mener. (rires) Comme vous, je suis un peu dans la confusion (rires), mais je suis aussi bluffé par la vision, l’histoire de David Lynch. Je suis viscéralement touché par ces images. Ce retour n’est pas un trip nostalgique, c’est une nouvelle histoire avec une toute nouvelle direction. C’est très excitant en tant qu’acteur à lire et plus intéressant que tout. Et nous avons aussi le plaisir de retrouver les personnages, leurs histoires et l’humour du show.

Quel personnage prenez-vous le plus de plaisir à jouer : Dougie Jones, Dale Cooper ou son double maléfique ?

Dougie est marrant. Passer de Dale Cooper à son double a vraiment été un nouveau départ. Je savais ce que David voulait et j’espérais faire mieux. Il m’a donné la liberté de prendre le temps de trouver les personnages, il dirige les acteurs de façon très douce. C’était la première fois que je jouais un personnage aussi noir, c’était stimulant et inquiétant aussi. J’ai dû mettre de côté toute mon humanité. C’était difficile pour moi à faire. C’est la façon de travailler avec David qui a fait vraiment la différence.

Quel rôle de David Lynch a joué dans votre carrière ?

Sans David Lynch, je n’aurai pas fait cette carrière au cinéma et à la télévision, je pensais faire du théâtre. C’est parce qu’il m’a repéré sur un enregistrement vidéo que j’ai atterri à Los Angeles pour faire des films et de la télévision. David Lynch m’a redirigé vers une autre carrière. Nous avons commencé à travailler ensemble sur Dune, notre relation dure depuis maintenant 44 ans ! David est un artiste et un cinéaste extraordinaire. Moi, je ne m’occupe que de jouer.

Racontez-nous votre première rencontre avec David Lynch ?

Nous nous sommes rencontrés pour la première fois dans les studios d’Universal pour le long-métrage Dune. David Lynch avait vu une vidéo avec moi et m’avait fait venir. Je n’avais jamais rencontré de réalisateur avant lui. Il m’a paru un type régulier. On a parlé de tout, sauf du film… On s’est trouvé pas mal de points communs comme le fait d’avoir grandi dans le nord-ouest des Etats-Unis. On a parlé aussi de notre amour du vin rouge. A la fin de la rencontre, il m’a tendu le scénario et m’a proposé de faire des essais.

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