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Publié le 6 août 2012.

INTERVIEW - Après un atterrissage réussi, le robot entame une mission de deux ans sur le sol martien...

Après sept minutes d'une descente infernale, Curiosity s'est posé avec succès sur le sol de la Planète rouge, à 7h31 ce lundi. De la taille d'une voiture, le rover embarque embarque 80 kilos de matériel scientifique, soit dix fois plus que lors des précédentes missions. Pour 20 Minutes, Dan Limondi, de l'équipe robotique du «Mars Science Laboratory», revient sur l'événement.

>> Revivez l'atterrissage par ici

 

Avez-vous retenu votre respiration pendant les 7 minutes de la descente finale?

Rationnellement, on était plutôt confiants. La procédure d'atterrissage était bien plus robuste que lors des précédentes missions. Ce dont on avait peur, c'est un imprévu. On a pu tester en tunnel le parachute, mais à mach 2 (2.500 km/h, ndr), la dynamique est complexe sur Mars, avec une atmosphère moins dense.

 

Il faudra patienter 48 heures pour les premiers clichés couleur et en haute-résolution. Quel type de paysage verra-t-on?

Le cratère de Gale est le plus beau site d'atterrissage sur lequel un robot s'est jamais posé. Le lieu retenu était cinq fois plus petit que lors des précédentes mission. Il s'agit d'une ellipse de la taille de Manhattan. Lors de sa descente, Curiosity a pu admirer un magnifique dôme de 5 km de haut, passer juste à coté du bord du cratère et se poser sur une portion plane.

 

Il n'était pas possible techniquement d'avoir une vidéo en direct de la descente?

Non, les canaux de communication sont très lents, à 8 kbits/sec. C'est sept fois moins que les modems des années 90. Curiosity pouvait donc simplement envoyer des messages de la taille d'un tweet lors de sa descente.

 

Curiosity est-il équipé pour détecter de possibles traces de vie?

Ce n'est pas le but de la mission, et il est important de la souligner. On cherche à déterminer si Mars est, ou a été, habitable. Les précédentes missions ont permis d'établir la présence d'eau liquide passée. On en trouve encore à l'heure actuelle sous forme de glace dans les calottes polaires, et il n'est pas exclu qu'elle coule encore en profondeur. L'un des challenges sera de confirmer la présence de méthane, ce dont certains scientifiques doutent encore (cela signifierait que Mars n'est pas une planète «morte», ndr). Le méthane peut provenir d'une activité biologique ou géologique. Les instruments à bord ne permettront pas de trancher avec certitude l'origine mais on devrait avoir des indices. On cherchera également d'autres traceurs chimiques: oxygène, carbone, hydrogène, azote, phosphore, souffre, ces briques élémentaires nécessaires à la vie telle que nous la connaissons.

 

Nous ne sommes pour l'instant pas capable de ramener des échantillons sur Terre. Cela est-il indispensable à terme?

Les 80 kilos d'instruments scientifiques de Curiosity sont plus perfectionnés que ceux qu'on avait sur Terre il y a 30 ou 40 ans. Malgré tout, d'autres missions, d'ici une dizaine d'années, tenteront de ramener des échantillons. L'avantage, c'est qu'on peut les garder et les analyser plus tard, quand la science aura progressé.

 

Les découvertes de Curiosity vont-elles aider une éventuelle mission habitée vers Mars?

Ce n'est pas le but principal, mais oui. Il y a notamment un instrument pour mesurer le niveau de radiations. Cela sera critique pour envoyer un homme sur Mars et déterminer le type de protection adéquat.

 

Certains parlent d'une mission habitée à sens unique, avec des hommes qui seraient envoyés sur Mars et ne reviendraient pas. Est-ce bien réaliste?

Il s'agit de plans privés, la Nasa n'a rien révélé de cet ordre. Décoller de Mars est, certes, un challenge. Mais pour une mission à sens unique, il faudrait tout emmener sur place: matériel de construction, eau et nourriture en quantité suffisante. On pourrait peut-être, à terme, creuser pour trouver de l'eau, mais ce n'est pas pour tout de suite.

 

Propos recueillis par Philippe Berry
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