Comment Planetory Resources veut devenir la première compagnie minière de l'espace

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Publié le 24 avril 2012.

SCIENCES - En exploitant les ressources des astéroïdes à proximité de la Terre...

De notre correspondant à Los Angeles

On vous en parlait la semaine dernière. Mardi, l'entreprise Planetary Resources a dévoilé ses plans pour aller à la conquête des astéroïdes voisins de la Terre et y extraire eau et métaux précieux. Pari fou ou nouvelle étape dans la conquête spatiale? Le point en cinq questions.

 

Planetary Resources, c'est quoi?

Une entreprise cofondée par deux pionniers de l'exploration spatiale privée, Peter Diamandis et Eric Anderson. Elle emploie plusieurs ex-Nasa dont Chris Lewicki, ancien responsable du programme d'exploration de Mars. Côté conseillers et investisseurs, du beau monde: James Cameron, le co-fondateur de Google, Larry Page, l'ancien de Microsoft et 5e touriste de l'espace, Charles Simonyi, ou encore le fils du milliardaire Ross Perot.

 

Exploiter les ressources d'un astéroïde, pour quoi faire?

«Pour accéder à des matériaux rares disponibles en quantités presque illimitées dans l'espace», a expliqué Peter Diamandis. Selon lui, un petit astéroïde pourrait contenir «plus de platine que la production mondiale extraite» jusqu'à présent. Planetary Resources vise donc des métaux précieux mais également... de l'eau. Pour deux raisons: d'abord car l'hydrogène et l'oxygène peuvent être convertis en carburant, ce qui sera vital pour «faire le plein» dans l'espace pour les missions de longue durée; surtout car l'eau est l'une des ressources les plus chères à transporter depuis la Terre, à cause de son volume. Un chiffre: le coût pour emmener un litre d'eau dans l'espace est évalué à 15.000 euros.

 

Quelles sont les grandes étapes pour y arriver?

L'entreprise a dévoilé un plan en trois étapes:

  • d'ici 2015: mettre orbite basse une série de télescopes chargés de cartographier les astéroïdes «géocroiseurs», qui passent à proximité de la Terre. 9.000 de plus de 50m de diamètre ont pour l'instant été identifiés, mais il y en existerait près d'un million.
  • D'ici 2017-2018: ajouter un moteur à ces sondes pour qu'elle puissent explorer le voisinage de la Terre, par «essaim d'une demi-douzaine» afin de minimiser les risques.
  • Long terme: extraire les premiers matériaux. Planetory Resources n'a pas donné de date, précisant simplement qu'elle espérait avoir identifié la cible idéale d'ici une dizaine d'années.

Comment se fera l'extraction?

Planetary Resources a livré peu de détails, expliquant que plusieurs méthodes étaient à l'étude. Selon le blog Bad Astronomy, qui s'est entretenu avec Chris Lewicki, l'extraction aura lieu en deux temps. D'abord, les matériaux «volatiles» (eau, azote, oxygène) devraient pouvoir être facilement collectés puis stockés (dans une station en orbite, sur une base lunaire etc). Ensuite seulement, l'entreprise s'attaquera à l'extraction de minerai, avec une technique encore non dévoilée.

 

Quid des coûts astronomiques?

L'entreprise a prévenu qu'il s'agissait d'un investissement sur le très long terme. Certains sceptiques estiment que les coûts initiaux sont encore trop élevés pour mener à bien un tel projet. Planetory Resources a cependant un avantage: elle tirera parti d'autres lancements (Soyouz, Ariane) pour mettre ses sondes en orbite, sur le principe du covoiturage.

 

>> A venir sur 20 Minutes: l'interview d'un expert

Philippe Berry
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