La nouvelle fusée européenne, Vega, s'envole

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Publié le 11 février 2012.

SCIENCES - La petite fusée européenne Vega doit effectuer son vol inaugural lundi depuis Kourou...

La petite fusée européenne Vega doit effectuer son vol inaugural lundi depuis le Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou avec à son bord deux petits satellites expérimentaux et sept mini-satellites conçus par des étudiants de différents pays.

Depuis la fin janvier, le lanceur léger conçu principalement par l'agence spatiale italienne ASI est assemblé sur son site de lancement dédié en Guyane française, utilisé initialement par les fusées Ariane 1, 2 et 3 et adapté aux besoins spécifiques de Vega (Vecteur européen de génération avancée).

Capable d'emporter 1,5 tonne en orbite basse (700 km d'altitude), «Vega vise le marché des petites charges utiles, principalement institutionnelles» et a surtout vocation «à garantir un accès européen à l'espace» sur ce marché, résume Benoît Geffroy, de la direction des lanceurs de l'Agence spatiale européenne (ESA).

Satellite bombardé de lasers

D'une hauteur de 30 mètres pour un poids au sol de 137 tonnes, Vega viendra compléter la gamme des lanceurs opérés depuis Kourou aux côtés du poids lourd Ariane 5 ECA (jusqu'à 9,5 tonnes en orbite de transfert géostationnaire) et du mythique Soyouz russe (jusqu'à 3 tonnes) qui a déjà deux tirs à son actif depuis la Guyane française.

Pour son tir inaugural, prévu lundi à partir de 7H00 heure de Kourou (10H00 GMT, 11H00 heure de Paris), Vega allumera successivement ses trois étages inférieurs à propulsion solide et son dernier étage à propulsion liquide, baptisé AVUM, pour atteindre une orbite circulaire à 1.450 km d'altitude.

Second vol en 2013

AVUM relâchera alors LARES (acronyme de Laser Relativity Satellite), une sphère de tungstène de seulement 37 cm de diamètre mais pesant près de 400 kg et équipée de 92 réflecteurs. Depuis des stations au sol, ce satellite «passif» sera ensuite bombardé par des lasers pour mesurer plus précisément un effet prédit par Einstein dans sa théorie de la relativité générale: la distorsion de l'espace-temps causé par la rotation d'un corps possédant une masse, «l'effet Lense-Thirring».

Vega emporte un satellite ALMASat-1, un démonstrateur d'environ 13kg construit par l'Université de Bologne, mais aussi sept «CubeSats» (seulement 10cm de côté et moins d'1kg) développés par des étudiants dans le cadre d'un programme européen lancé en 2007, parmi lesquels les premiers satellites roumains (Goliat), hongrois (MaSat-1) et polonais (PW-Sat-1).

Marché commercial des petites charges utiles

Un succès du «vol de qualification» de Vega lundi ouvrira la voie au programme VERTA, une campagne de démonstration de la flexibilité du système Vega avec un second vol prévu début 2013.

Le développement de Vega a débuté en 1998 sous l'impulsion de l'Italie, qui finance près de 60% du programme, devant la France (25%). Son coût est de 710 millions d'euros, auquel environ 400 millions d'euros pour le programme VERTA.

A.-L.B. avec AFP
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