Non, la Nasa ne va pas annoncer avoir découvert des extra-terrestres

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Publié le 2 décembre 2010.

SCIENCES - Alors que le Web s'enflamme, la réalité sera beaucoup moins exotique...

De notre correspondant à Los Angeles

A lire les spéculations de la blogosphère, c'est quasi certain, la Nasa va annoncer ce jeudi qu'elle détient depuis des années des petits hommes verts sur la base Area 51. Ou au moins qu'elle a trouvé des preuves de vie sur Mars ou sur un satellite de Saturne ou de Jupiter. Malheureusement, pour cela il vaut mieux regarder les séries V ou The Event. La conférence, prévue à 20 heures (heure française) devrait être bien plus Terre à Terre.

>> La conférence à suivre en direct sur le site de la Nasa à partir de 20h00

La Nasa a fait monter la sauce avec un communiqué expliquant que serait présentée «une découverte en astrobiologie qui allait impacter la recherche de vie extraterrestre». Parmi les scientifiques présents, l'un est spécialiste de Mars, l'autre de Titan. Mais la personne clé s'appelle Felisa Wolfe-Simon, qui dévoilera en fait les conclusions de ses recherches sur le lac californien de Mono Lake, par ailleurs présentées dans un article de Science sous embargo.

«Pas sensationnelle»

«La véritable découverte n'est pas du tout aussi sensationnelle que les conjectures de la blogosphère», répond à la Columbia Review Seth Borenstein. Le journaliste sciences de l'Agence AP –qui a lu l'article de Science en avant première– explique que l'astrobiologie «est une série de petits pas qui démarre sur Terre.»

De fait, plusieurs journaux britanniques ont partiellement rompu l'embargo. On sait que Felisa Wolfe-Simon parlera de la découverte d'une bactérie vivant dans des conditions extrêmes dans ce fameux Mono Lake, riche en arsenic.

Arsenic et seconde biosphère

Dans la table périodique des éléments, l'arsenic est voisin du phosphore. Ce dernier est utilisé dans de nombreuses briques du vivant, comme l'ADN, l'ARN et surtout l'ATP (Adénosine triphosphate), ce carburant utilisé dans la respiration cellulaire. L'arsenic est quasi-identique, à une différence près: il est mortel, car capable de se substituer à son cousin dans les réactions biochimiques au niveau de nos cellules.

Des bactéries capables de survivre dans un environnement riche en arsenic ont déjà été découvertes. Deux solutions: celle présentée demain vit simplement dans un environnement un peu plus hostile; ou bien elle intègre directement l'arsenic à sa biochimie à la place du phosphore.

Cela serait alors la preuve, selon certains astrobiologistes comme Paul Davies, de l'existence d'une «biosphère de l'ombre», ou «seconde biosphère», qui se serait développée sur Terre avant –ou parallèlement à– celle basée sur le phosphore. En somme, une forme de vie «alien», existante sur Terre. Si tel était le cas, cela élargirait dramatiquement le spectre des environnements propices à la vie dans l'Univers. Et surtout, si la vie a pu naître deux fois, dans des conditions différentes, sur Terre, il n'y aurait plus de raison pour que cela n'ait pu arriver ailleurs.

Philippe Berry
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