De notre correspondant à Los Angeles
Armstrong fut le premier à poser le pied sur la Lune, Aldrin, le second. Alors que Barack Obama doit tenir son grand discours sur l'Espace ce jeudi, les deux pionniers de l'Espace dansent un tango pas vraiment synchronisé autour des plans du président.
>>Le discours d'Obama à suivre sur 20minutes.fr en live-comme-à-Cap-Canaveral à partir de 20h45
Dans une lettre ouverte, Neil Armstrong, 79 ans, se fâche tout rouge. «Bien que certaines propositions aient du mérite, la décision d'annuler le programme Constellation, ses lanceurs Ares I et Ares V et le vaisseau Orion est dévastatrice». Il conclut: «Sans l'expérience de développer des vaisseaux spatiaux, les Etats-Unis prennent le risque de glisser sur la pente de la médiocrité.»
Obama a en effet décidé d'annuler le programme Constellation de George Bush, qui prévoyait de retourner sur la Lune d'ici 2020 avant d'aller sur Mars. Mercredi, le secrétaire de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a justifié la décision: «Une commission indépendante a conclu que certains programmes de la Nasa avaient des années de retard sur le calendrier et dépassaient massivement les budgets» initiaux.
Critiquée par Armstrong, la Maison Blanche dégaine une lettre de Buzz Aldrin. «En tant qu'astronaute d'Apollo, je ne comprends que trop bien l'importance de toujours explorer de nouvelles frontières. Mais la vérité, c'est que nous sommes déjà allés sur la Lune, il y a 40 ans». Selon lui, «ce dont cette nation a besoin pour maintenir sa position de leader est de concentrer ses ressources à court terme pour abaisser les coûts d'accès à l'espace» –ce que compte annoncer le président.
Dans ce qui ressemble furieusement à un communiqué de presse rédigé par la Maison Blanche, Aldrin achève son plaidoyer: «C'est le bon programme, au bon moment. J'espère que la Nasa et la communauté spatiale vont embrasser cette nouvelle direction. De cette façon, nous pourrons tous ensemble utiliser l'exploration spatiale comme moteur pour booster la prospérité et l'innovation ici, sur Terre».
Obama a-t-il tort de ne pas voir les choses en grand? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.