L'équipage d'Apollo 11 en mai 1969: Neil Armstrong (à gauche), Michael Collins (au centre) et Edwin «Buzz» Aldrin (à droite).
L'équipage d'Apollo 11 en mai 1969: Neil Armstrong (à gauche), Michael Collins (au centre) et Edwin «Buzz» Aldrin (à droite). - HANDOUT / REUTERS

Corentin Chauvel

Si Neil Armstrong n'a jamais voulu qu'on lui colle l'étiquette de «héros», il aura bien du mal à y échapper, d'autant plus après son décès survenu ce samedi à l'âge de 82 ans. 

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Comme l'a indiqué sa famille dans le communiqué annonçant sa disparition, Neil Armstrong a toujours considéré qu'il n'avait fait «que son travail». «Il a servi fièrement son pays, en tant que pilote de chasse et astronaute», indique-t-elle, ajoutant que le natif de l'Ohio était resté un passionné de l'aviation et de l'exploration spatiale toute sa vie. Pour sa famille, Neil Armstrong reste «un exemple pour les jeunes qui, à travers le monde, travaillent dur pour réaliser leurs rêves, avec le souhait d'explorer et de repousser les limites, ainsi que de servir de manière désintéressée une cause beaucoup plus grande qu'eux-mêmes». 

L'un «des plus grands héros américains»

Afin d'honorer la modestie qui collait à la peau de Neil Armstrong, sa famille souhaite ainsi que chacun lui rende hommage ainsi: «La prochaine fois que vous marchez dehors par une nuit claire et que vous voyez la Lune qui vous sourit, pensez à Neil Armstrong et faites-lui un clin d'oeil.»

Le président américain, Barack Obama, n'a cependant pas pu se contenter d'une sobre réaction. Pour lui, Neil Armstrong est «un homme qui nous a appris le pouvoir énorme d'un seul petit pas». L'ancien astronaute «faisait partie des plus grands héros américains, pas seulement de son temps, mais de tous les temps», a-t-il ajouté ce samedi dans un communiqué. «Quand lui et son équipage ont décollé à bord d'Apollo 11 en 1969, ils portaient en eux les aspirations d'une nation toute entière. Ils ont voulu montrer au monde que l'esprit américain peut voir au-delà de ce qui paraît inimaginable, qu'avec assez de conduite et d'ingéniosité, tout est possible», indique encore Barack Obama.

« La Lune a perdu son premier fils terrien»

La mort de Neil Armstrong réunit évidemment toutes les tendances politiques américaines, même en pleine campagne électorale. «Neil Armstrong prend place aujourd'hui au panthéon des héros. Avec un incommensurable courage et un amour sans borne pour son pays, il a marché là où aucun homme n'avait marché auparavant. La Lune a perdu son premier fils terrien», a souligné Mitt Romney, candidat républicain à l'élection présidentielle.«J'ai rencontré et discuté avec Neil Armstrong il y a à peine quelques semaines, sa passion pour l'espace, la science et la découverte et son dévouement à l'Amérique m'inspireront durant ma vie», a-t-il poursuivi.

«Un vrai héros est retourné vers les cieux où il a déjà volé une fois», a déclaré le républicain John Boehner, président de la Chambre des représentants. «Neil Armstrong a inspiré des générations de garçons et de filles à travers le monde, non seulement par son exploit monumental, mais par l'humilité et la grâce qu'il a porté en lui jusqu'à la fin. L'Ohio a perdu l'un de ses fils les plus fiers. L'humanité a gagné une légende», a-t-il ajouté dans un communiqué. 

«Mon ami Neil a fait un petit pas, mais un pas de géant qui a changé le monde»

Buzz Aldrin, son fidèle compagnon d'équipage sur Apollo 11, lui a également rendu un hommage émouvant ce samedi, évoquant sa grande «tristesse» d'avoir perdu un partenaire, mais aussi un ami. «Quand je regarde la Lune, cela me rappelle ce moment, il y a plus de quarante ans, lorsque j'ai réalisé que même si nous avions été plus loin de la Terre que personne auparavant, nous n'étions pas seuls», a-t-il indiqué. Pour l'ancien astronaute, Neil Armstrong était «un vrai héros américain et le meilleur pilote» qu'il n'ait jamais connu. «Mon ami Neil a fait un petit pas, mais un pas de géant qui a changé le monde et restera à jamais comme un moment important de l'histoire de l'humanité», ajoute-t-il.  «Il était le meilleur et il va terriblement me manquer», a ajouté Michael Collins, lui aussi membre de la mission Apollo 11.

Buzz Aldrin avait l'espoir que lui, Neil Armstrong et Mike Collins, puissent se réunir en 2019, pour célébrer les 50 ans du premier pas sur la Lune. «Malheureusement, cela ne se fera pas. Neil sera certainement parmi nous avec son esprit», conclut-il.