Illustration bébé et biberon.
Illustration bébé et biberon. - ALEXANDRE GELEBART / 20 MINUTES

B.D.

Après l’âge de la mère, les chercheurs s’interrogent maintenant sur celui du père quant au risque de maladies génétiques des enfants, rapporte Le Figaro.

«Souvent la mère est montrée du doigt dans les couples ayant un enfant souffrant d'une pathologie d'ordre génétique, note le Pr Lyonnet. Ce n'est pas juste. Aujourd'hui, il existe suffisamment de données pour dire aux hommes que passé un certain âge, il n'est pas très raisonnable d'avoir des enfants, car le risque génétique est tout aussi accru pour eux», indique au quotidien le Pr Stanislas Lyonnet, chef du service de génétique à l'hôpital Necker à Paris.

La spermatogénèse en cause

En effet, les scientifiques ont découvert que  hommes qui font des enfants tard exposent ces derniers à plusieurs maladies génétiques rares, comme la neurofibromatose, l'achondroplasie (une forme de nanisme), la schizophrénie ou encore l'autisme. Ainsi, plusieurs études effectuées sous l'égide de l'Institut national de la santé américain et publiées en avril dernier dans la revue Nature ont montré que les pères de garçons autistes sont six fois plus souvent dans leur quarantième année que dans leur vingtième, et dix-sept fois plus souvent pour les filles autistes.

Les chercheurs ont découvert que l’origine de l’autisme provenait des mutations de novo –mutations génétiques qui apparaissent au moment de la conception mais dont les parents ne sont pas porteurs-, et que le père est responsable d'une grande partie de ces mutations. Il transmet quatre fois plus souvent que la mère ces mutations spontanées à ses enfants. Et le risque pour un père d'induire ce type de mutation augmente avec son âge.

Cette faculté de transmission est due à la spermatogénèse, selon les scientifiques: cette dernière se fait à partir des cellules souches, les spermatogonies, qui produisent de nouveaux spermatozoïdes par divisions successives. Après des dizaines de divisions cellulaires, ils ont accumulé un certain nombre de mutations. Certaines pouvant être à l'origine de différentes pathologies, dont l’autisme.  Et les spermatogonies des hommes âgés ayant connu plus de divisions au fur et à mesure du vieillissement, ces pères ont plus de risque de transmettre ces mutations génétiques à leurs enfants.