Mathématicien à 14 ans: "Je ne suis pas un génie!"

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Publié le 15 avril 2012.

LOS ANGELES - Moshe Kai Cavalin, un mathématicien de 14 ans bientôt diplômé de l'Université de Californie à Los Angeles, n'aime pas qu'on le qualifie de "génie". S'il résoud aujourd'hui les équations les plus complexes, c'est juste parce qu'il n'a "pas perdu de temps".

L'adolescent ne s'est pas réveillé un beau matin en se jouant de problèmes mathématiques sur lesquels des étudiants deux fois plus âgés que lui s'arrachent les cheveux. Il étudie avec passion et acharnement depuis l'âge de deux ans et pour lui, l'appeler "génie", revient à rabaisser ses efforts.

"+Génie+, c'est seulement un mot, comme le coefficient intellectuel, un chiffre inventé par des gens qui ne prennent pas en compte toutes les autres choses qui font un individu", déclare-t-il à l'AFP à la cafétéria de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

"Ce que j'essaie de faire, c'est de trouver la sagesse à travers le savoir. Et exercer la sagesse est bien mieux qu'être un génie", affirme-t-il.

Moshe Kai a aussi publié un livre, "We can do" (Nous pouvons le faire), en chinois puis en anglais, "pour aider les parents à encourager leurs enfants".

"J'en suis à un point que beaucoup de gens jugent impossible pour mon âge", écrit le jeune auteur dans son ouvrage. "Je suis arrivé à la lune, mais quiconque le souhaite vraiment peut aller plus loin que la Voie Lactée".

Né à Los Angeles d'une mère chinoise et d'un père brésilien, Moshe Kai savait faire des additions et des soustractions à l'âge de 4 ans. C'est à ce moment que ses parents ont mis en place un programme d'éducation intensif en mathématiques, musique, arts martiaux et lecture.

Un programme enseigné à domicile, plusieurs écoles ayant refusé d'accueillir l'enfant, considéré comme une distraction potentielle pour les autres élèves.

Les études, l'absence de télévision et la pratique de jeux vidéo éducatifs l'ont conduit à gagner des championnats internationaux d'arts martiaux, décrocher un diplôme de plongée ou s'inscrire à l'université à huit ans, où il affiche aujourd'hui la meilleure moyenne.

"Je ne fais que tirer profit de ce que j'ai", assure Moshe Kai, qui porte un petit chapeau très à la mode chez les jeunes californiens. "Tout le monde a le potentiel pour être spécial, mais il faut savoir en tirer parti. Beaucoup ne le font pas. Je travaille dur, je prépare les choses longtemps à l'avance et j'atteins mes objectifs", explique l'adolescent.

"Nous autres, les étudiants, nous devons profiter des opportunités d'apprendre qui nous sont offertes. Car elles ne se représenteront pas", écrit-il dans son livre.

La mère, qui accompagne son fils depuis le début de ses études supérieures en l'attendant à la sortie des cours, balaie les critiques qui lui sont faites sur la façon dont elle a élevé son fils.

- "Heureux" -

"Les gens me demandent pourquoi je lui mets tellement la pression, mais je ne lui mets aucune pression, il est heureux comme ça!", déclare Shu Chen, 47 ans, qui vit avec son fils et son mari de 61 ans dans une résidence de la cité universitaire.

Malgré ses aptitudes exceptionnelles, Moshe Kai ne ressemble pas à un adulte en miniature. Il a l'humour des garçons de son âge -- et aussi leur timidité, même si ses propos sont souvent plus mûrs que ceux de ses pairs.

"Le but de mon livre n'est pas de dire comment être un génie ou devenir intelligent, mais comment vivre mieux", dit-il.

Une fois qu'il aura son diplôme de mathématicien en poche -- probablement cette année -- Moshe Kai devra choisir entre une spécialisation en mathématique pure, astrophysique ou physique théorique. Il n'a pas encore décidé. "Je n'ai que 14 ans, j'ai encore beaucoup de temps pour choisir".

Et l'amour, dans tout ça ? "Je suis encore très jeune pour m'impliquer dans une relation. On verra plus tard", dit-il en riant.

© 2012 AFP
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