A vingt ans de distance, Wissam et Abbas ont appris à leurs dépens qu'il n'est pas bon d'inventer des engins volants et de les piloter: Sous Saddam Hussein ou sous le nouveau régime, ceci n'apporte que des ennuis.
A vingt ans de distance, Wissam et Abbas ont appris à leurs dépens qu'il n'est pas bon d'inventer des engins volants et de les piloter: Sous Saddam Hussein ou sous le nouveau régime, ceci n'apporte que des ennuis. - afp.com

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A vingt ans de distance, Wissam et Abbas ont appris à leurs dépens qu'il n'est pas bon d'inventer des engins volants et de les piloter: Sous Saddam Hussein ou sous le nouveau régime, ceci n'apporte que des ennuis.

A Roumaitha (250 km au sud de Bagdad), Wissam Mohammad Kazem, un réparateur de générateurs âgé de 25 ans, a mis sept mois pour construire un ULM avec une hélice à l'arrière et dépensé 1,2 million de dinars (1.000 dollars) pour réaliser son rêve.

Mercredi, il a pris son envol. Durant deux minutes, il a parcouru 200 mètres mais dès que son engin a touché terre, il a été arrêté.

"J'ai toujours rêvé d'être pilote mais j'ai à peine terminé l'ecole primaire. Après l'échec d'une première tentative il y a trois ans, j'ai construit mon propre engin avec des tuyaux, des pièces d'aluminum, du bois et j'ai utilisé un moteur qui sert normalement à des monte-sacs.", a-t-il expliqué

Le bricoleur a passé quatre heures en prison et n'a été libéré qu'après versement d'une caution d'un million de dinars (850 dollars) et l'engagement de ne plus transgresser la loi interdisant de construire des engins volants. Son appareil a été confisqué.

Le chef de la police de Roumaitha, le colonel Saaran Chammari, a confirmé "son arrestation pour avoir construit sans autorisation officielle un avion".

"C'est fini, je ne veux plus rien inventer. Je désire seulement éviter la prison et payer mes dettes", explique Wissam.

"Quand j'ai demandé l'aide de mes amis pour fabriquer mon engin, ils m'ont dit que si par chance je réussissais je terminerai au bout d'une corde, je leur ai répondu que le temps de la dictature était révolu".

En 1982 à Aziziya, 70 km au sud de Bagdad, Amr Jassem Mohammad, 60 ans, technicien dans l'industrie nucléaire aujourd'hui réparateur de pompes à essence, avait fabriqué un hélicoptère alimenté électriquement qui s'est élevé à deux mètres du sol.

"Si j'étais monté plus haut j'aurais eu des ennuis. Les autorités m'auraient accusé de vouloir faire passer en Iran des personnes recherchées et la DCA aurait pu m'abattre", dit-il.

"Les services de sécurité de Saddam Hussein ont tout de même cherché à m'arrêter mais j'avais des amis au Baas qui ont enterré l'affaire", raconte-t-il.

"Cependant aujourd'hui comme hier, il y a toujours en Irak un complot contre les talents et les inventeurs".