L'utilisation de fongicides pour lutter contre des champignons blancs sur les parois de la grotte de Lascaux a favorisé le développement de champignons inconnus, responsables cette fois de taches noires, révèle une étude franco-espagnole.
L'utilisation de fongicides pour lutter contre des champignons blancs sur les parois de la grotte de Lascaux a favorisé le développement de champignons inconnus, responsables cette fois de taches noires, révèle une étude franco-espagnole. - Philippe Wojazer afp.com

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L'utilisation de fongicides pour lutter contre des champignons blancs sur les parois de la grotte de Lascaux a favorisé le développement de champignons inconnus, responsables cette fois de taches noires, révèle une étude franco-espagnole.

L'étude, codirigée par Cesareo Saiz Jimenez, micro-biologiste à Séville, au Conseil espagnol pour la recherche scientifique (CSIC), et Claude Alabouvette, micro-biologiste de l'Institut national de recherche agronomique (INRA), a été réalisée entre 2009 et 2011.

Selon M. Alabouvette, cette étude a mis en évidence que des traitements à base de biocides (produits chimiques utilisés contre les micro-organismes, ndlr) utilisés entre 2001 et 2003 par le Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH) pour lutter contre un champignon blanc, le "fusarium solani", "ont joué un rôle pour favoriser ces (nouveaux) champignons".

Ces derniers, baptisés par les chercheurs "ochroconis lascauxensis" et "anomala", sont responsables de taches noires détectées dans la grotte en 2007 et traitées en 2008, notamment par le "Devor mousse", un anti-mousse vendu dans le commerce.

"On a démontré que ces (nouveaux) champignons sont tout à fait capables de se nourrir en azote et surtout en carbone à partir des produits de dégradations des ammoniums quaternaires utilisés comme traitements", explique M. Alabouvette.

"L'ensemble de ces traitements a favorisé les champignons qui étaient les plus capables de leur résister", ajoute le chercheur.

Tout en disant comprendre les mesures d'urgence prises par le LRMH, le scientifique estime que "vouloir stériliser une grotte, c'est débile". "On veut tout régler par la technologie. Or ce n'est pas toujours ce qu'il faut faire", dit-il.

Les résultats, présentés en juin au conseil scientifique de Lascaux, ont été publiés au premier trimestre 2012 dans la revue "Fungal biology" de la Société britannique de mycologie et la revue américaine spécialisée "Journal of raman spectroscopy".

Située sur la commune de Montignac, en Dordogne (sud-ouest) et fermée au public depuis 1963, après l'apparition d'algues vertes, la grotte de Lascaux est connue pour ses peintures et gravures datant de 17.000 ans.