Mort en exil du dissident Fang Lizhi, le "Sakharov chinois"

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Publié le 8 avril 2012.

WASHINGTON - L'astrophysicien chinois Fang Lizhi, surnommé le "Sakharov chinois" pour son combat en faveur des droits de l'homme, est décédé aux Etats-Unis où il vivait en exil depuis la répression des manifestations de Tiananmen en 1989.

Le dissident, qui s'était réfugié pendant plus d'un an à l'ambassade américaine en Chine à la suite du "Printemps de Pékin", provoquant un long bras de fer diplomatique entre Chinois et Américains, est mort soudainement à l'âge de 76 ans, a annoncé samedi Wang Dan, l'un des dirigeants du mouvement étudiant pour la démocratie.

Dans un courriel adressé à l'AFP, Wang Dan, qui vit également en exil aux Etats-Unis, a précisé que Fang Lizhi était mort vendredi matin alors qu'il se trouvait à la maison. Wang Dan a indiqué avoir appris la nouvelle de l'épouse de Fang Lizhi, Li Shuxian.

"C'est inspirés par lui que nous sommes allés manifester sur la place Tiananmen", a rappelé Wang Dan sur sa page Facebook. "Cet homme était un trésor pour la Chine. Mais il n'y avait pas de place pour qu'il meure dans son pays et il a fallu qu'il meure en exil", a commenté Wang Dan.

"Pendant toutes ces années que j'ai passées en prison puis en exil, nous sommes restés proches. Je le considérais comme une partie de ma famille", a ajouté Wang Dan, lui-même surnommé le "héros de Tiananmen" et envoyé en exil en 1998 après neuf ans de prison.

Lorsque les chars de l'armée chinoise avaient écrasé les manifestations étudiantes au coeur de Pékin le 4 juin 1989, faisant des centaines voire des milliers de morts, Fang Lizhi s'était réfugié à l'ambassade des Etats-Unis. Il y restera un an avant que le régime communiste ne finisse par l'autoriser à partir pour l'étranger.

Fang Lizhi travaillait ces dernières années comme professeur de physique à l'Université d'Arizona à Tucson (sud-ouest). Il était surnommé le "Sakharov chinois" en référence au célèbre dissident soviétique.

Sans avoir pris part aux manifestations du printemps de Pékin, il avait publiquement pris position en faveur des étudiants en expliquant: "Ils veulent davantage de démocratie. Je ne peux qu'être d'accord avec eux. Il faut que le régime respecte les droits de l'homme, les droits fondamentaux communs à tous les pays: liberté d'expression, liberté de pensée, liberté de la presse, liberté d'association, liberté de déplacement et, comme en URSS, une certaine liberté dans le processus électoral".

Fils de cheminot, né le 12 février 1936, Fang Lizhi, qui affirmait ouvertement ne pas croire au marxisme, ne manquait jamais une occasion de critiquer le gouvernement chinois et de mettre en cause la légitimité du Parti communiste (PCC).

Ancien vice-président de l'Université des sciences et techniques de Hefei (est de la Chine), il avait été démis de ses fonctions et exclu du PCC en janvier 1987, accusé d'avoir soutenu l'agitation politique à Hefei. Sa démission avait eu lieu quelques jours après l'éviction du secrétaire général réformiste du PCC, Hu Yaobang.

C'est la mort de Hu Yaobang en avril 1989 qui donnera le signal du début des manifestations étudiantes du Printemps de Pékin.

Considéré comme "traître à la patrie" par le régime, Fang Lizhi avait été qualifié de "mauvais élément" par le numéro un chinois Deng Xiaoping et traîné dans la boue à de nombreuses reprises par la presse officielle.

Invité à un banquet à l'occasion de la visite officielle du président américain George Bush père en Chine en février 1989, il avait été empêché d'entrer dans l'hôtel par la police chinoise. Cet incident avait provoqué un mini-incident diplomatique entre Washington et Pékin.

© 2012 AFP
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