Parke Kunkle: «L'astronomie est une science, l'astrologie, une superstition»

INTERVIEW L'astronome revient sur le «décalage» entre les traditionnels signes du zodiaque et la position actuelle des constellations...

Propos recueillis par Philippe Berry

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L'Univers, gravure anonyme du XIXe siècle.

L'Univers, gravure anonyme du XIXe siècle. — WIKIMEDIA COMMONS

Mercredi, «zodiac» et «Ophiuchus» (constellation du Serpentaire, ndr) ont fait leur apparition dans les tendances Twitter. Toute la toile anglo-saxonne était en effervescence: le signe astrologique de votre naissance n'est pas le bon. Parke Kunkle, astronome au Minnesota Planetarium Society et à l'origine du buzz –suite à une citation parue dans un journal local– s'en amuse.

>> Une animation des constellations de l'écliptique ici

Ce décalage, on le connaît donc depuis longtemps?

Oh, juste quelques milliers d'années. Il y a déjà eu de nombreux articles sur le phénomène, mais le dernier est devenu viral par mystère. En 130 avant J.C., l'astronome Hipparque avait déjà observé ce qu'on appelle la précession des équinoxes. Comme une toupie, la Terre tourne autour d'un axe qui fluctue. Du coup, les constellations en apparence «traversées» par le Soleil sur le plan de l'écliptique se «décalent». Il faut 26.000 ans pour revenir à une même configuration. Actuellement, il y a environ un mois de décalage avec la configuration du ciel des débuts de l'astrologie, il y a 5.000 ans. L'étoile qui indique le nord, par exemple, n'est pas la même aujourd'hui.

Indépendamment de toute querelle sur le repérage (l'astrologie moderne occidentale s'est affranchie des constellations, ndr), quel regard les astronomes portent-ils sur l'astrologie?

Les deux disciplines n'ont pas grand chose à voir. L'astronomie est une science, l'astrologie repose sur les superstitions. En tant que scientifiques, on mesure, on analyse, on met les théories à l'épreuve de données observées. L'astrologie cherche à établir un lien entre la position des planètes et notre personnalité. Ce qui n'a rien de condamnable en soi, sauf que toute méthode scientifique d'analyse contradictoire est écartée.

Peut-on nier totalement l'impact de l'environnement sur notre développement? Certaines études semblent montrer une influence de la pleine Lune pour les cas d'épilepsies ou de schizophrénies...

L'effet semble surtout être lié à la luminosité. Il semble par exemple que la lumière naturelle puisse avoir un impact sur notre production de mélatonine. En revanche, les études tentant de corréler notre personnalité à la date de notre naissance n'ont jamais eu de résultats concluants.

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