Un scientifique propose un modèle d'univers sans Big Bang

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Publié le 30 juillet 2010.

ESPACE - Il n'est pas le premier, mais ses théories sont examinées de près...

De notre correspondant à Los Angeles

On l'oublie parfois, mais le Big Bang n'est qu'une théorie. La plus complète, la plus acceptée, la plus probable au vu des observations, mais une simple théorie. Il en existe des dizaines d'autres, plus ou moins exotiques, pour expliquer la création de l'univers. Il y en a désormais une de plus, qui agite le petit monde de l'astrophysique.

Pas de début, ni de fin

Le modèle présenté par le cosmologiste taiwanais Wun-Yi Shu est jugé «fascinant» par la TechnologyReview du prestigieux MIT. Ici, pas de Big Bang, de début ou de fin à l'univers. Dans la théorie de Shu, le temps et l'espace «ne sont pas des entités indépendantes mais peuvent être converties de l'une à l'autre, à mesure que l'univers évolue». Le tout via un facteur: la vitesse de la lumière, explique TechnologyReview.

De même, masse et longueur sont interchangeables via un facteur de conversion lié à la constante gravitationnelle G et à la vitesse de la lumière. Shu résume: pendant l'expansion de l'univers, le temps est converti en espace, et la masse en longueur. Lors des phases de contraction, c'est l'inverse.

Les problèmes du Big Bang

Dans le modèle de Shu:

  • La vitesse de la lumière et la constante gravitationnelle ne sont pas... constantes. Elles varient au cours de l'évolution de l'univers
  • Il n'y a pas de début ni de fin à l'univers: pas de Big Bang, ou de Big Crunch (contraction) ni de singularité (point duquel tout partirait ou vers lequel tout convergerait)
  • L'univers connaît des phases d'accélération et de décélération

Wun-Yi Shu a testé sa théorie en observant une supernovæ et constaté qu'elle ne posait pas les problèmes du Big Bang. En effet, pour expliquer l'inflation cosmique, les scientifiques ont introduit le concept «d'énergie sombre» (à ne pas confondre avec la matière sombre ou noire). Cette forme d'énergie mystérieuse constituerait 70% de l'énergie totale de l'univers. Petit problème: personne ne sait exactement de quoi il s'agit, ni même si elle existe véritablement.

Faut-il pour autant jeter le Big Bang? Assurément pas. De nombreuses observations semblent valider le modèle. Le rayonnement cosmique (CMB) observé par le satellite Planck, est considéré par beaucoup de scientifiques comme «l'écho» du Big Bang. Le modèle de Shu n'explique pas cette observation, ni la structure du phénomène observé. Pour l'instant.

Philippe Berry
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