On l’avait presque oublié, mais le volcan islandais Eyjafjöll rugit toujours. Et il a refait parler de lui en ce début de semaine, son nuage de cendres provoquant une nouvelle fois la fermeture de l’espace aérien irlandais. «Même si son éruption est allée decrescendo, elle ne s’était pas arrêtée», prévient le volcanologue Jacques-Marie Bardintzeff, joint par 20minutes.fr.

«Une éruption aussi forte ne redémarre pas en cours de route»

Cette reprise d’activité pourrait-elle laisser craindre un retour du fameux nuage sur le reste de l’Europe? Pas vraiment, répond le spécialiste: «Une éruption aussi forte (que celle du 14 avril dernier) ne redémarre pas en cours de route. Il peut y avoir des crises, comme ces derniers jours, mais pas aussi fortes».

«Le panache de cendres a augmenté mardi, il était plus noir et plus haut (..), il contient beaucoup plus de cendres», a précisé Sigrun Hreinsdottir, volcanologue de l'Université de Reykjavik. Selon elle, le volcan a eu une activité plus importante «que les jours précédents, mais beaucoup moins cependant que dans les premiers jours de l'éruption».

Le vent à nouveau mis en cause

De plus, le volcan est désormais «moins explosif et plus effusif», donc plus «calme», selon Jacques-Marie Bardintzeff, car le glacier sous lequel il était situé s’est évaporé en partie. L'intéraction entre l'eau et le magma, provocatrice de vapeur, est désormais moins importante. Conséquence: «Le panache du volcan est désormais moins noir et va moins haut». Lundi, les météorologues islandais l'ont mesuré au maximum à 5.200 mètres d'altitude en fin d'après-midi, alors qu'il avait atteint jusqu'à 9.000 mètres au plus fort de l'éruption, débutée le 14 avril dernier.

C’est essentiellement un renforcement des vents, soufflant du nord-ouest, qui a provoqué cette nouvelle perturbation. Mais la météo est désormais plus clémente sur le continent et «a priori, le reste de l’Europe ne sera pas concerné», rassure le spécialiste.

Les volcans voisins inactifs, pour le moment

De même, d’après le volcanologue, «les volcans voisins ne montrent aucun signe d’activité pour le moment», ce qui peut laisser présager d’un avenir serein pour le ciel européen. Jacques-Marie Bardintzeff rappelle tout de même qu’il y a des éruptions à quelques années d'intervalle en Islande, celle du Eyjafjöll suivant un rythme tout à fait normal.

Les vols à l'arrivée et au départ des aéroports irlandais devaient ainsi reprendre ce mardi en début d’après-midi, après une interruption de six heures due au passage du nuage de cendres volcaniques provenant d'Islande.