Il y a eu plusieurs forts séismes récemment, pourquoi la Terre tremble-t-elle autant en ce moment?
Il est impossible d'apporter une réponse. Entre Haïti, le Chili ou la Turquie, on reste sur un seul et même globe et le seul élément que l'on connaît pour expliquer ces séismes, c'est la tectonique des plaques.
Peut-on évaluer la fréquence des séismes ou est-ce le hasard qui fait les choses?
Si l'on ne peut prévoir les séismes, ils n'interviennent jamais par hasard non plus. Le passé historique d'une région touchée permet au moins de prévoir les phénomènes.
Jusqu'à maintenant, c'est grâce à l'historique et à la mémoire que l'on a pu identifier les failles majeures. Aujourd'hui, la connaissance scientifique et le suivi des zones actives par l'instrumentation complète cette connaissance historique.
C'est ainsi que chez nous, par exemple, l'on a pu réévaluer à la hausse le risque de séismes dans la région Rhône-Alpes (risque moyen à modéré). En France, s'il ne constitue pas une menace majeure, le risque de séisme n'est surtout pas à négliger.
Comment expliquer les différences d'intensité entre chaque séisme?
Cela dépend de la façon dont le sol vibre. Au-delà de l'aléa sismique, il y a aussi la résonance que va avoir la vibration du séisme sur l'environnement urbain.
Avec l'effet de site, la nature des couches géologiques souterraines et le relief topographique ont également des conséquences sur l'effet plus ou moins dévastateur du séisme. C'est grâce à ces renseignements que l'on peut travailler sur la vulnérabilité des bâtiments.
Est-il possible d'appliquer des normes anti-sismiques à tous les édifices?
Oui. On ne peut pas empêcher les séismes, mais on peut toujours trouver des moyens pour conforter les bâtiments, même les plus petits. Il y a deux considérations qui entrent en jeu: le bâti bien sûr, mais également l'information à apporter aux habitants sur leur logement. On peut leur indiquer notamment des zones particulières où s'abriter en cas de tremblement de terre.
C'est dans ce cadre que l'on a pu se rendre compte qu'au Chili, où il existe une vraie culture locale sur les séismes, le bilan humain a été beaucoup moins important qu'en Haïti.