Pour entraîner les chirurgiens à opérer les tumeurs délicates de leurs patients, l'Institut de recherche contre les cancers de l'appareil digestif (Ircad), à Strasbourg, a créé un drôle d'engin : un simulateur de patient virtuel. Grâce à deux manettes à retour de force, le praticien se fait la main sur un mannequin en plastique, face à un écran qui diffuse la reconstitution en 3D du malade. Au coeur de cette innovation : un logiciel qui métamorphose l'image scanner classique, en noir et blanc, en un modèle en 3D hyperréaliste. La taille, la couleur, l'emplacement des organes du patient sont reproduits à l'identique, ainsi que l'élasticité des tissus. Ce programme sait même déceler dans l'image médicale les tumeurs invisibles à l'oeil nu, aide inestimable pour le radiologue. Ce simulateur n'est encore qu'un prototype. Pour entrer à l'hôpital, il lui faudra réduire ses temps de calcul. En effet, la modélisation demande encore à l'ordinateur trois semaines de travail. Autres révolutions à l'Ircad : la réalité augmentée, c'est-à-dire la projection sur le patient, pendant l'opération, de l'image virtuelle de ses organes pour guider le chirurgien. Une image qui sera bientôt synchronisée avec les mouvements respiratoires.
Strasbourg teste aussi la « chirurgie sans cicatrice », réalisée en passant par les orifices naturels, bouche, anus, rectum ou vagin. Les instruments ainsi qu'une fibre optique sont introduits par un tube unique. Cette chirurgie du futur, baptisée « Notes » (Natural Orifice Transluminal Endoscopic Surgery), a déjà été pratiquée une centaine de fois dans le monde. W
Retrouvez l'enquête intégrale et les photos exclusives dans le dernier numéro de Sciences et Avenir n° 746, daté avril 2009.