Plein de réserves pour la vie extraterrestre

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Publié le 28 novembre 2008.

ASTRONOMIE – De grandes quantités d'éléments indispensables à la vie viennent d'être détectées dans une pouponnière d'étoile...

Finalement, les ingrédients de la vie ne sont pas si rares que ça dans notre galaxie. Une équipe européenne de radioastronomes vient en effet de repérer de grandes quantités d'un sucre précurseur de l'ARN dans une zone de la galaxie où se forme des étoiles. Ce résultat, publié dans la base scientifique ArxiV suggère que de nombreuses planètes renferment ou ont renfermé les molécules nécessaires à l'émergence d'une forme de vie...


 

Barbapapa interstellaire

A l'aide des données recueillies par l'interféromètre de l'Institut de Radio Astronomie Millimétrique installé sur le plateau de Bures (France), l'astrophysicienne espagnole Maria Tereas Beltran et ses collègues italiens ont détecté la présence de glycoaldehyde dans une pouponnière d'étoile située à 26.000 années-lumière de la Terre. Le glycoaldehyde est le plus simple des sucres, c'est à partir de lui qu'est synthétisée l'armature des chaines d'ARN, l'autre support, avec l'ADN, de l'hérédité biologique.

Du sucre dans un berceau

Des astronomes en avaient déjà détecté de grandes concentrations dans les nuages de poussière proche du centre de notre galaxie. Toutefois, cette zone semblait peu propice à l'apparition de la vie car elle est constamment irradiée par les «flash» de rayon X émis par le cœur de la voie lactée. «Notre découverte est importante car le glycoaldehyde a cette fois été découvert dans une région où l'on s'attend à trouver des planètes orbitant autour d'étoiles qui viennent de se former- des planètes qui pourraient constituer un berceau pour la vie», explique Claudio Codella, l'un des coauteurs de l'étude.

Le caramel ou la vie

Commentant ces travaux dans la revue «Science», le radioastronome Karl Menten du Max Planck Institute for Radio Astronomy de Bonn (Allemagne) se montre plus prudent quant à leur interprétation. Selon lui, la présence de composés organiques à proximité de planètes n'implique que ces derniers soient «utilisables» biologiquement. Le chercheur doute notamment que ces molécules aient pu survivre à la pression et à la chaleur intense qui régnaient sur la Terre lors de son premier milliard d'années. Toutefois, du glycoaldehyde «interstellaire» pourrait aussi avoir été déposé bien après cet épisode violent, apporté par des comètes...

Yaroslav Pigenet
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