Le gène qui rend accro

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Publié le 14 novembre 2008.

MEDECINE – Il favoriserait la dépendance à la cocaïne...

Plus d'un siècle après qu'Emile Zola ait imaginé les dynasties alcooliques, la génétique vient de montrer qu'il aurait pu en écrire autant sur les lignées de cocaïnomanes. Une équipe de chercheurs affirme dans la revue «PNAS» avoir identifié un gène qui semble prédisposer ses porteurs à la surconsommation de cocaïne, aussi bien chez la souris que chez l'homme.

Souris avides

Ainho Bilbao et ses collègues étudiaient à l'origine les modifications biologiques à long terme que provoque l'ingestion chronique de cocaïne. Grâce à des souris transgéniques, ils ont remarqué que la destruction d'un gène baptisé Camk4 semblait rendre les animaux beaucoup plus vulnérables à la cocaïne. Ce gène ayant un homologue chez l'homme, les chercheurs ont voulu vérifier si il pouvait jouer un rôle dans la dépendance humaine à la cocaïne.

La dépendance sans le plaisir

Ils ont alors comparé le génome de 670 cocaïnomanes brésiliens à celui de 726 sujets «sains». «Nous nous sommes aperçu que l'une des variantes du gène CAMK4 est plus fréquente dans le groupe des cocaïnomanes que dans celui des sujets sains» explique Jan Rodriguez, l'un des coauteurs de l'article, à 20minutes.fr. Le chercheur souligne que le gène CAMK4 ne joue aucun rôle dans la sensation immédiate de plaisir et d'euphorie consécutive à une prise de cocaïne, mais que ses porteurs ont néanmoins plus de risque de devenir dépendants. «Nous avons en fait découvert que le gène Camk4 contrôle peut-être l'amplitude de l'adaptation du cerveau à la cocaïne.»

Pas de pastille antipoudre

«Jusqu'ici nous n'avons étudié CAMK4 que dans le contexte de la cocaïne. Maintenant, nous comptons élargir nos analyses génétiques aux personnes traitées pour d'autres types de dépendance, notamment les alcooliques», précise Jan Rodriguez. Les chercheurs reconnaissent toutefois qu'il est peu probable que leur découverte débouche sur un traitement direct de la cocaïnomanie et des toxicomanies en général; mais ils espèrent qu'elle permettra un jour de dépister et prévenir les personnes les plus susceptibles de devenir dépendantes.

Yaroslav Pigenet
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