Moins de dix jours après sa première mise en service, un incident vient d’entraîner l’arrêt du grand accélérateur de proton (LHC) du Cern. La révision durera au moins deux mois.
Vendredi dernier dans la matinée, les physiciens du LHC ont constaté une série de défaillances majeures dans le système de refroidissement des électroaimants supraconducteurs du dernier secteur de l’accélérateur. «L'incident a provoqué une forte fuite d'hélium dans le tunnel» a indiqué le Cern dans un communiqué publié samedi « à aucun moment, aucune personne n'a été en danger». Selon le site spécialisé Physicsworld.com, prés d’une tonne d’hélium superfluide se serait échappée.
Deux mois pour se réchauffer
Même si depuis, la fuite semble avoir été colmatée, le problème a été jugé suffisamment grave pour justifier l’arrêt du LHC pour au moins deux mois : le temps de « réchauffer » ce secteur maintenu à -271,25°C afin de pouvoir y effectuer les réparations nécessaire. «Pour le même type de défaillance, qui n'est pas rare sur les machines non supraconductrices, le temps de réparation serait de quelques jours» précise le Cern.
Les faisceaux de protons du LHC sont accélérés par l’énorme champ magnétique généré par une série d’électro-aimants supraconducteurs alimentés par des courants intenses. Pour pouvoir fonctionner, ces aimants sont maintenus sous -271,25°C grâce à de l’hélium liquide ; s’ils dépassent cette température, ils perdent leur supraconductivité et commencent donc à générer une chaleur intense au passage du courant ce qui a pour effet d’augmenter encore la température. «Une connexion a probablement fondu en présence du fort courant électrique, entraînant une défaillance mécanique dans le système» supposent les responsables du Cern.