«Prévoir les futures éruptions du Vésuve est un défi crucial pour les vulcanologues, car son réveil risque de menacer la vie des 700.000 personnes qui vivent à proximité du volcan», notent le géophysicien Bruno Scaillet et ses collègues dans leur article publié ce jeudi dans «Nature».
Le volcan n’étant pas entré en éruption depuis 1944, les géologues redoutent que l’accumulation et le refroidissement du magma n'aboutisse à une éruption explosive aussi destructrice que celle qui a ravagé Pompei en l'an 79.
Afin de savoir si un tel scénario catastrophe a des chances sérieuses de se produire, l’équipe a analysé la remontée des chambres magmatiques sous le Vésuve depuis 20.000 ans. «Nos résultats ont révélé que plus le réservoir qui alimente les éruptions est profond plus l'éruption est explosive. La question est maintenant de savoir où se situe le réservoir actuel, si d'aventure il y en a un», a précisé Bruno Scaillet à 20Minutes.fr.
«Les données géophysiques indiquent toutefois qu'il existe plusieurs niveaux anormaux sous le Vésuve dont le moins profond est localisé vers 8-10 km, c'est à dire à une profondeur correspondant à celle du réservoir qui a alimenté l'éruption de Pompéi». Pour en savoir plus, il faudrait améliorer la résolution des analyses géophysiques menées jusqu’ici, «c’est possible, mais cela demandera du temps et de l’argent», indique le vulcanologue.
Le chercheur estime qu’il est également très important de connaître les caractéristiques du magma stocké en profondeur. «Plus un magma est riche en volatils plus il monte vite et moins il a du temps pour dégazer ses volatils (les perdre), ce qui fait qu'une fois arrivé en surface, les volatils non dégazés sont expulsés violemment hors du magma ce qui est le facteur principal du caractère explosif», explique Scaillet.
«En revanche, si le magma est de composition plutôt basaltique, comme lors de la dernière éruption en 1944, la prochaine éruption du Vésuve sera de type effusif avec des coulées de lave: cela créera des dégâts beaucoup moins important».