Le tremblement de terre qui a ravagé lundi la province chinoise du Sichuan est la dernière manifestation de la collision, commencée il y a 10 millions d’années, entre l’Inde et l’Asie. Il a pourtant surpris les spécialistes de la tectonique des plaques qui ne s’attendaient à un séisme de cette puissance dans cette région de la Chine.
La croûte terrestre est constituée de plaques qui bougent lentement les unes par rapport aux autres. Ce phénomène, appelé tectonique des plaques explique les déchirements, les chevauchements et les plissements de la croûte qui forment les continents, les montagnes et des océans. Cet extrait du «Dessous des Cartes» montre comment la tectonique des plaques a façonné, et continue de façonner, notre planète: .
Continent percuté, continent froissé
Il y a environ 10 millions d’années, la plaque portant le sous-continent indien a ainsi rencontré la plaque eurasiatique au niveau de ce qui est aujourd’hui le Tibet, provoquant la formation du massif Himalayen. Les deux plaques continuant d’avancer à la vitesse d’environ 5 cm par an, l’énorme poussée se transmet, via le plateau tibétain, sur le continent asiatique et s’évacue par à-coups le long des nombreuses failles sismiques qui traversent la Chine centrale.
Les données collectées par l’US Geological Survey indiquent ainsi que le séisme de Sichuan est le résultat d’une sorte de décrochage entre le plateau tibétain –qui s’est élevé- et le bassin du Sichuan –qui s’est enfoncé- le long de la faille montagneuse du Longmen Shan.
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Cette brusque libération d’énergie mécanique est responsable du tremblement de terre de magnitude 7,9 et des répliques qui ont secoué la Chine depuis lundi.
Mais s’ils comprennent à peu près ce qui a pu provoquer le séisme, les chercheurs reconnaissent qu’ils ne s’attendaient pas du tout à ce que la terre puisse autant trembler à cet endroit précis. «Ce séisme est explicable mais il était totalement imprévisible», affirme Rodolphe Cattin, géophysicien au laboratoire de géologie de l’Ecole Normale Supérieure, qui étudie depuis plusieurs années la sismologie de la chaîne montagneuse du Longmen Shan. Ce chercheur note que contrairement à ce qu'on observe parfois avant les séismes d'une telle ampleur, «l’analyse des repères géodesiques du Longmen Shan indiquait une convergence très faible voire inexistante au cours des dix dernières années».
Selon lui, cela montre que l’énergie libérée par le séisme a probablement mis plusieurs centaines d’années à s’accumuler… et qu’hormis les répliques, il faudra donc autant de temps avant qu’un nouveau séisme touche la zone.