En 2008, les américains de la Côte Est et les habitants des Antilles doivent s’attendre à voir passer plus de cyclones qu’en temps normal : c’est en tout cas ce qu’annoncent William Gray et son équipe de météorologistes du Tropical Meteorology Project de l’Université du Colorado (Etats-Unis) dans leur rapport prévisionnel annuel sur les tempêtes tropicales Atlantique.
«Les tendances océaniques et atmosphériques indiquent que nous aurons probablement une saison cyclonique active dans le bassin Atlantique» affirme William Gray dans ce rapport. Il prévoit que de juin à novembre 2008, 15 tempêtes tropicales atteindront une taille suffisante pour être nommées (comme Ivan ou Katrina). Huit d’entre elles deviendront des cyclones, dont quatre atteignant au moins la catégorie 3 sur l’échelle de Saffir/Simpson.
D’après les chercheurs, la température -actuellement élevée- de l’océan Atlantique combinée avec l’atténuation attendue du phénomène La Niña dans le pacifique tropical crée des conditions très favorables à une saison cyclonique 2008 très active. Ces conditions seraient similaires à celles observées avant les saisons cycloniques 1950, 1989, 1999, et 2000.
«Selon nos dernières prévisions, la probabilité qu’un ouragan majeur entraîne des précipitations sur la côte US est cette année de 69%, à comparer à la probabilité moyenne de 52% observée sur les 100 dernières années» précise Phil Klotzbach, qui a participé à l’étude. Des mises à jour de ces prévisions seront publiées par l’équipe le 3 juin, puis le 5 aout, puis le 2 septembre.
Même s’ils reconnaissent l’intérêt scientifique des travaux de Gray, certains météorologues se déclarent néanmoins très sceptiques quant à la validité pratique de ses prédictions. Ils rappellent notamment que précédemment, Gray et Klotzbach ont nettement surestimés l’intensité des saisons 2006 et 2007 et qu’ils n’ont en revanche pas vu venir la catastrophique saison 2005.
«Ces travaux sont très sérieux et très utiles car, grâce à de puissantes méthodes statistiques, ils permettent de découvrir et tester un grand nombre de nouveaux prédicteurs météorologiques» assure Fabrice Chauvin, chercheur à MétéoFrance «Toutefois leur outil me semble pour l’instant plus adapté à une prévision moyenne sur 10 ans qu’à une prévision spécifique pour une saison donnée»