Plus de 50 ans après son invention, des scientifiques viennent enfin d’élucider le mécanisme d’action du DEET, le répulsif anti-moustique le plus utilisé au monde. Le composé agirait en masquant les odeurs de transpiration humaine.
Le DEET, ou N,N-diéthyl-3-méthylbenzamide, est un composé chimique mis au point par l’armée américaine utilisé pour la première fois au Vietnam pour protéger les GI des insectes piqueurs. Ayant fait la preuve de son efficacité, le produit entre désormais dans la composition de nombreuses lotions et aérosols antimoustiques.
Dans un article publié jeudi dans la revue « Science », Leslie Vosshall et ses collègues de l’Université Rockefeller de New York (Etats-Unis) viennent de montrer que DEET agit an bloquant, chez le moustique, les récepteurs olfactifs qui «captent» les odeurs de transpiration humaine. Ces récepteurs réagissent normalement aux molécules d’acide lactique et de divers alcools qui s’évaporent de la sueur.
En revanche, les chercheurs se sont aperçus que le composé ne bloquait pas les récepteurs au CO2 dégagé par la respiration, l’autre marqueur utilisé par les moustiques pour repérer leurs futures proies. Selon Leslie Voshall le DEET agit donc en «inactivant juste assez de récepteurs pour embrouiller le moustique, voire le rendre insensible aux odeurs qu’il devrait trouver attractives».
Malgré son efficacité et son inocuité pour la peau, le principal défaut du DEET est d’être un puissant solvant qui, en plus d’être très inflammable, s’attaque à de nombreuses matières plastiques (comme une toile de tente ou une bouteille d’eau). Comprendre comment ce composé repousse les insectes permettra selon les chercheurs de mettre au point des composés aussi efficaces pour le campeur mais moins agressifs pour son équipement.