Ils ont vu plus loin que jamais dans l'univers et découvert 72 nouvelles galaxies

SCIENCES Grâce à l'instrument MUSE, qui voit plus loin que le télescope Hubble, les astronomes européens - et toulousains - ont sondé l'univers plus profondément que jamais. Ils ont déniché 72 nouvelles galaxies...

Helene Menal

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La constellation du fourneau vue par Muse.

La constellation du fourneau vue par Muse. — European Southern Observatory

  • L’instrument européen MUSE permet d’observer les confins de l’univers.
  • Il voit plus loin que le télescope Hubble.
  • Ses premières données ont permis d’étudier 1.600 galaxies et d’en découvrir 72 nouvelles.

« Des archéologues qui carottent l’univers », un peu comme on carotte les glaces polaires pour connaître l’évolution du climat. C’est ainsi que l’astrophysicien Thierry Contini de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie de Toulouse (IRAP/CNRS/Université de Toulouse) se définit avec ses collègues. Surtout depuis qu’ils disposent de MUSE, l’œil de lynx absolu.

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Cet instrument est équipé d’une technologie spectroscopique permettant de sonder l’univers à des profondeurs jamais atteintes. Il voit plus loin, bien plus loin (bien que moins nettement) que le télescope américain Hubble.

Installé en 2014 sur le « très grand télescope » de l’Observatoire européen Austral (ESO), dans le désert d’Atacama, au Chili, MUSE a livré sa première volée de résultats aux scientifiques.

« Un jeu de données » qualifié de « révolutionnaire » par l’ESO, qui permet de connaître les propriétés de 1.600 galaxies, dont 72 n’avaient jamais été observées jusqu’ici. « Muse réussit à détecter des galaxies beaucoup plus petites, qui sont majoritaires dans l’univers et dont on ne voyait pas le signal lumineux, et de remonter dans le temps à plus de dix milliards d’années », explique Thierry Contini. Ces avancées doivent permettre aux scientifiques de mieux connaître l’univers primordial.

Fusions de galaxies

Les premiers résultats de MUSE ont donné lieu à une dizaine de publications scientifiques. Dont celle d’Emmy Ventou, thésarde à l’IRAP. « Ses travaux permettent de détecter les galaxies lointaines qui vont fusionner entre elles pour donner de grandes galaxies spirales comme la nôtre, la Voie Lactée », précise Thierry Contini.

D’ici un an, MUSE livrera une deuxième salve de « photos ». Avec à la clé, de nouvelles découvertes et de nouvelles galaxies.