Préhistoire: Les femmes du néolithique plus fortes que les championnes d’aviron actuelles

ETUDE Les travaux agricoles et l’utilisation des meules pour obtenir de la farine ont rendu les bras des femmes du Néolithique plus forts que ceux des rameuses de haut niveau actuelles…

20 Minutes avec agences

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Les femmes préhistoriques possédaient des bras extrêmement puissants (illustration musée national de la Préhistoire des Eyzies-de-Tayac)

Les femmes préhistoriques possédaient des bras extrêmement puissants (illustration musée national de la Préhistoire des Eyzies-de-Tayac) — PATRICK BERNARD AFP

A l’époque du Néolithique il y a 7.000 ans, les femmes d’Europe centrale avaient des bras plus puissants que les championnes d’aviron aujourd’hui. Si elles possédaient des membres supérieurs aussi forts, les difficiles travaux agricoles auquel elles prenaient part n’y seraient pas pour rien.

Etude avec des sportives

C’est ce qu’indique une étude des chercheurs de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) publiée ce mercredi dans Science Advances. Les experts ont analysé les humérus (os du bras situé entre l’épaule et le coude) et les tibias (os du bas de la jambe) de 45 sportives pratiquant de nos jours le football, le running et l’aviron.

Ils ont ensuite étendu leurs recherches aux os de femmes plus sédentaires avant de comparer ces données aux caractéristiques d’une centaine de spécimens de femmes néolithiques.

Des humérus plus puissants

Or l’humérus de ces dernières s’est révélé de 11 à 16 % plus puissant que celui des membres des équipes d’aviron de Cambridge (Royaume-Uni), qui participent pourtant à deux entraînements quotidiens, rament 120 kilomètres par semaine et sont âgées d’une vingtaine d’années. La force osseuse des tibias était en revanche comparable.

Chez les femmes préhistoriques ayant évolué à l’âge du bronze (il y a entre 4.300 et 3.500 ans), les humérus étaient de 9 à 13 % plus solides que ceux des rameuses de haut niveau actuelles. En revanche, leurs tibias étaient 12 % plus faibles que chez les athlètes.

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Tâches manuelles exigeantes

Pour les chercheurs britanniques, une raison explique le phénomène observé : la participation des femmes préhistoriques à des tâches manuelles particulièrement exigeantes physiquement. Nos ancêtres féminines labouraient en effet le sol, récoltaient des céréales et broyaient ensuite ces dernières avec des meules pour obtenir de la farine.

« Ces mouvements répétitifs des bras pour frotter les deux pierres pendant des heures ont probablement eu les mêmes effets que de ramer », avance Alison Macintosh, responsable de l’étude.

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