Sur Mars, Curiosity a dégainé 500.000 fois son «sabre laser» (et ce n'est pas rien)

ESPACE Inventée et pilotée à Toulouse, la caméra laser du rover Curiosity vient d'effectuer son 500.000e tir sur le sol martien. Un résultat inespéré au départ et précieux pour la science...

Helene Menal

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Un tir laser du rover Curiosity sur Mars.

Un tir laser du rover Curiosity sur Mars. — Nasa - JPL Caltech - Rex Features

« C’est devenu un réflexe, dès qu’on voit un caillou on ne peut pas s’empêcher de tirer dessus et de l’exploser ». L’astrophysicien Sylvestre Maurice (Irap-CNRS-UT3) ne décrit sa dernière rando dans la cambrousse mais l’ambiance au Centre des opérations des instruments français (Fimoc) du Cnes, à Toulouse.

C’est de là que toutes les nuits, prenant le relais des Américains de 17h à 2h, les ingénieurs pilotent le ChemCam, la fameuse caméra laser du rover martien Curiosity. Ce redoutable « sabre laser » à plus de 8.000°C est capable de vaporiser n’importe quelle matière en quelques milliardièmes de seconde. Il permet surtout d’analyser les roches de la Planète rouge.

Et, l’événement, c’est que le ChemCam a dégainé mercredi pour la 500.000e fois. « Il est sûr qu’en 2001 quand avec un ami américain [Roger Wiens] on a imaginé cet instrument, on ne s’attendait pas à une telle aventure », confie Sylvestre Maurice. Curiosity, avec son œil bionique, ne devait se balader que deux ans sur Mars. Mais voilà cinq ans qu’il en explore les lacs desséchés et la surface accidentée. Malgré la poussière et les nuits glaciales (-90°C), il trace sa route.

La version améliorée pourra détecter des traces de vie

Et la barre astronomique des 500.000 tirs n’est pas que symbolique. « Chaque tir laser correspond à une mesure de composition, insiste Sylvestre Maurice. Le ChemCam est une mine d’information extraordinaire. Il est en train d’écrire l’histoire de la Planète rouge ».

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Le Cnes rappelle d’ailleurs ce jeudi que Curiosity en forant au fond d’un ancien lac « a détecté des veines minérales témoignant d’une activité aqueuse souterraine prolongée et identifié des sources de sédiments, identifiant ainsi toutes les caractéristiques d’une planète habitable ».

Et l’aventure martienne du Cnes ne fait que commencer. Il sera aussi aux manettes de la SuperCam du rover martien que la Nasa doit poser sur Mars en 2021. Cette version améliorée du ChemCam, conçue par la même équipe, sera aussi capable de détecter des molécules organiques. Et donc d’éventuelles traces de vie.